Alain Barrière

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Site officiel : http://www.alainbarriere.com/

Amoco

Album : "Amoco" (1978)

Ce fuel qui giclait de ton ventre
C'était comme un défi lancé
À l'intelligence du monde
Du monde dit civilisé

Mais ça fait mal la connerie
Sur cent kilomètres allongés
Ce chef d'oeuvre de veulerie
Donnait quasiment la nausée

Où va la vie, où va le monde
Et vers où court l'humanité?
Elle creuse avidement sa tombe
Mais quel monde allons nous laisser?

Amoco, Amoco
Amoco, Amoco

C'est pas la faute au Capitaine
C'est pas la faute au PDG
Bien sûr, c'est la faute à personne
Et l'on était bien assuré

Tant pis pour les côtes Bretonnes
Et quelques oiseaux mazoutés
Que les patrons subventionnent
Il y en a à peine pour quelques années

Où va la Terre, où vont les hommes
Mais vers où court l'humanité?
Elle s'assassine, il faut voir comme
Quel monde faudra t'il chanter?

Amoco, Amoco
Amoco, Amoco

Marée noire sur la Bretagne
Eaux rouges en Méditerranée
Et les fêlés du nucléaire
Qui jouent les apprentis-sorciers

Tous ces crimes contre Nature
Ne nous seront pas pardonnés
Il faudra payer la facture
J'ai crainte qu'elle ne soit salée

À ces enfants qu'on a fait naître
Mais quel monde allons nous laisser?
L'air trop pollué de nos fenêtres
Et nos rivières empoisonnées

Amoco, Amoco
Amoco, Amoco

"Mais tu ne pouvais donc pas te taire"
Vont dire des bien intentionnés
"T'as pas encore assez d'emmerdes"
C'est pas que ma chanson va gêner

Mais devant ces crimes sauvages
Il ne faut pas se résigner
C'est tellement con que j'enrage
Et pas question de la fermer

Où va la terre, où vont les hommes
Mais vers où court l'humanité?
Elle s'assassine, il faut voir comme
Quel monde faudra t'il chanter?

Amoco, Amoco
Amoco, Amoco

Amoco, Amoco
Amoco, Amoco...

Avion, béton, camion, j'en passe et des meilleures

Album : "A regarder la mer" (1970)

Les hommes sont-ils devenus fous ?
Moi je pense que oui
Bien sûr que non
Soit alors ils le deviendront

Aujourd’hui quand je me promène
Dans le jardin de ma maison
Je n’entends même plus les oiseaux
Je n’entends même plus le ruisseau
Mais j’entends les camions
Et j’entends les avions
Et puis d’autres camions
J’veux pas double cloison

Les hommes sont-ils devenus fous ?
Moi je pense que oui
Moi je pense que non
Soit alors ils le deviendront

Je suis retourné dans mon village
On dit qu’l’air nature a du bon
Mais envahit par les sauvages
On y respire plus que le béton
On se marche sur le bout des pieds
On se marche sur les talons
Ma pauvre Trinité
Tu files mauvais coton

Les hommes sont-ils devenus fous ?
Bien sûr que oui
Bien sûr que non
Soit alors ils le deviendront

On laisse aller à la rivière
Un superbe vaccin poison
Et les poissons le ventre en l’air
Figurent de sombres horizons
Ah les jolis poissons
A l’oxyde de potassion
Les chimiques moissons
De truites et de saumons

Les hommes sont-ils devenus fous ?
Moi je pense que oui
Mais non
Soit alors ils le deviendront

On a noyé dans l’Atlantique
Bien enfermé dans des caissons
Un gaz fabuleux et toxique
Pour les futures générations
Ah le joyeux moment
Le délicieux moment
Où le bel océan
Rendra son chargement

Les hommes sont-ils devenus fous ?
Moi je pense que oui
Bien sûr que non
Soit alors ils le deviendront

Devant ces «après moi le déluge »
Ces abandons, Ces démissions
Préparons nous, je vous en laisse juge
De beaux week-ends pour nos fistons
Faudra porter lorgnons
Se boucher les oreillons
Se boucher les nasillons
Ou choisir Charenton

Mais sommes nous devenus cons ?
J’espère que non, mais...
P’t’être bin que oui
Oui, oui j’ai vraiment très peur que oui
 

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