Pascal Bonnefon

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Site officiel : http://www.pascalbonnefon.fr

L'arbre africain

Album : Spectacle "Ras le pôle" (2008)

Dans la poussière rouge d’un pays de l’Afrique

Le sol qui brouille le bruit des pelles mécanique

Le chaud des lames la … de mon écorce

Voilà comment étalé soudain,  je perds des forces

Le choc terrible avec la terre qui m’a nourrit

J’étais indestructible deux siècles à ce qu’on dit

Passe où je pleure sous les fesses de mon bourreau

Qui soufflait l’heure, c’est son seul moment de repos

 

Tant de soleil pour finir chaise de jardin

Tant de moussons pour un parquet de salles de bain

Tant de sorciers, marabouts, d’horizons lointains

Pour finir découper en meuble du voisin

 

Les chaînes autour de mes épaules de géant

Me traînent pour me forcer à me charger dans

La soute d’un cargo partant pour la Rochelle

Je quitte le Congo dans ce bateau poubelle

J’ai cru un temps que quelqu’un allait s’inquiéter

Que mon tronc mon bois mon ombre allait vous manquer

Qu’un douanier sur le quai allait me renvoyer

J’ai pas dû comprendre ce que veut dire protégé

 

Tant de soleil pour finir chaise de jardin

Tant de moussons pour un parquet de salles de bain

Tant de sorciers, marabouts, d’horizons lointains

Pour finir découper en meuble du voisin

 

Aujourd’hui, je crains le froid de vos latitudes

L’odeur des grillades et toutes vos habitudes

Je pense à mon Afrique, loin de ma solitude

Je regarde les oiseaux qui partent pour le sud

 

Tant de soleil pour finir chaise de jardin

Tant de moussons pour un parquet de salles de bain

Tant de sorciers, marabouts, d’horizons lointains

Pour finir découper en meuble du voisin

Tant de soleil

 

Ecolo victime

Album : Spectacle "Ras le pôle" (2008)

J’ai fait tout bien comme on m’a dit

Vendu le 4X4 et l’Audi

Changer les ampoules du salon

Mis du solaire sur la maison

Je ferme tous les robinets

Quand je me lave les dents, les pieds

J’ai tellement de sacs poubelles

On dirait que je jette l’arc-en-ciel

Ecolo métro bobo victime

 

Je regarde ushuaïa nature

J’enlève les solvants des peintures

Je bannis les bois protégés

Même en hiver je marche à pied

Toujours mon masque de maçon

Pour les grands pics de pollution

Si tout le monde faisait comme

On n’en serait peut-être pas là

Ecolo métro bobo victime

 

Je ne mange plus que du bio

Ça coute plus cher mais rend beau

Ça vient de loin sur la planète

C’est quand même bio alors je l’achète

Des trucs un peu bourgeois bohême

Comme dans ces bars à oxygène

Et tant pis pour ceux de mon espèce

Y’a plus de sacs plastiques à la caisse

Ecolo métro bobo victime

 

 

L'ours blanc

Album : Spectacle "Ras le pôle" (2009)

Les pas dans la neige

Les sons qu’on entend

le bruit de mon pièges

toujours contre le vent

Que du bon, du beige

S’approcher doucement

Une attaque, un siège

Je suis un ours blanc

 

Sur ce fond de glace

Jusqu’à perte de vue

Je lisais les traces

Une carte un peu nue

Deux rues d’impasses

Pour chasser l’ingénue

Rien que de l’audace

Prédateur aux pieds nus

 

J’étais le plus féroce

Animal de la terre

Je suis plus lent qu’un gosse

Dans l’eau froide de la mer, de la mer

 

Des milliers d’années pour être le meilleur

Le plus redouté de tous les grands chasseur

Le voilà doublé par ce poisson moqueur

Ridiculisé, j’en ai gros sur le cœur

Pas de formation de requin pour un ours

Les imperfections se voient dans le fond de l’ours

Je n’ai plus d’illusion, pas assez de ressources

Plus de solution, de billets qu’on rembourse

 

 J’étais le plus féroce

Animal de la terre

Je suis plus lent qu’un gosse

Dans l’eau froide de la mer, de la mer

 

Ces maudits humains ont réduit ma banquise

En peau de chagrin, une destruction massive

Du soir au matin, je nage, je dérive

Attendant la fin c’est la mort qui arrive

 

J’étais le plus féroce

Animal de la terre

Je suis plus lent qu’un gosse

Dans l’eau froide de la mer, de la mer

 

 

Docteur Roger M.

Album : "Ras le pôle" (2008)

Vous voulez du maïs bleu

Pas de problème

Du soja qui a le goût des œufs

De la crème

 

Un chien méchant et un teigneux

Ou les mêmes

Dans mon labo, j’ai tout ce que je veux

Tout ce j’aime

 

Un petit cachet qui rend heureux

Pas de problème

Pour être plus jeune ou plus vieux

C’est idem

 

Des oiseaux qui résistent aux peurs

Les plus extrêmes

Je me présente

Je suis docteur Roger M.

 

Je ne suis pas un apprenti sorcier

Mais je peux vous en fabriquer dix

Je veux tout faire, tout essayer

Et surtout que Dieu m’applaudisse

 

Je ne suis pas un apprenti sorcier

Mais je peux vous en fabriquer dix

Je veux tout faire, tout essayer

Et surtout que Dieu m’applaudisse

 

Du haut de la tour qui m’abrite des regards

Je  joue au savant, au chimiste, au hasard

Je crée les produits par milliers ou milliard

Que vous mangerez dans l’année au plus tard

 

Je dis que je vais sauver le monde de la faim

Que la terre sera plus féconde des demain

Mais l’obsession la plus profonde qui me tient

Que pouvoir et gloire se confondent dans mes mains

 

Je ne suis pas un apprenti sorcier

Mais je peux vous en fabriquer dix

Je veux tout faire, tout essayer

Et surtout que Dieu m’applaudisse

 

Je n’ai finalement qu’une limite à présent

Jamais d’opérations gratuites, de sentiments

J’estime que mon génie mérite votre argent

Je vais me cloner au plus vite en plus grand

 

Je ne suis pas un apprenti sorcier

Mais je peux vous en fabriquer dix

Je veux tout faire, tout essayer

Et surtout que Dieu m’applaudisse

 

Je ne suis pas un apprenti sorcier

Mais je peux vous en fabriquer dix

Je veux tout faire, tout essayer

Et surtout que Dieu m’applaudisse

Et surtout que Dieu m’applaudisse

M’applaudisse

M’applaudisse…

 

 

L'iceberg

Album : "Ras le pôle" (2008)

J’ai du quitter mon père ma mère

Mes frères et mes amis

Partir et ne plus voir la terre

Où j’suis né, où j’ai grandi

Un bruit plus fort que le tonnerre

M’a tiré de mon lit

Je dérive maintenant sur la mer

Sans savoir où je suis

Un iceberg, un iceberg

Loin de chez lui

 

Je suis une montagne d’eau douce

Plutôt qu’un cœur de glace

Quand on me voit, il faut qu’on se pousse

C’est vrai que je prends de la place

C’est aussi vrai qu’c’est mon grand-père qu’à couler le Titanic

Il ne buvait pas que de l’eau de mer, il s’est excusé… Hic

Un iceberg, un iceberg

Loin de chez lui

 

Est-ce que j’ai une tête de kim-cône,

De pousse-pousse, de miko

Je pèse plusieurs milliers de tonnes

J’ai qu’la tête hors de l’eau

Je fais pas des tours et des grimaces

Pour plaire aux petits enfants

Je suis plutôt une armoire à glace

Plus un frigo dedans

Un iceberg, un iceberg

Loin de chez lui

 

Si j’ai du partir de chez moi

C’est parce qu’il faisait trop chaud

Le froid n’était pas assez froid

Le ciel un peu trop beau

Au niveau des températures

C’est vrai qu’y’a plus de saisons

Ne pas fondre en été c’est dur

Quand on est un glaçon

Un iceberg, un iceberg

Loin de chez lui

Oh oui

 

Le réchauffement climatique c’est mon déménagement

Du pôle nord jusqu’à l’antarctique, c’est grand chambardement

J’arrive sur le lieu de mes vacances sur le port de San-Francisco

Mais moi je suis parti en avance les autres arrivent bientôt

Un iceberg, un iceberg

Partout chez lui

 

 

Ras le pôle

Album : "Ras le pôle" (2008)

Bonjour mesdames, messieurs, Non, ne vous levez pas

Où pourriez –vous bien vous mettre ailleurs que sur moi

Voilà 4 milliards d’années que je suis devenu Terre

Et vous à peine 1 petit siècle que vous me faites des misères

J’ai beau tourner tout ça en rond dans ma tête

En parler avec Pluton au conseil des planètes

Nous sommes tous embarqués dans le même radeau

Je ne tiendrais plus longtemps en vous portant comme un fardeau

Vos belles paroles, moi j’en ai ras le pôle

Du ciel au sol, moi j’en ai ras le pôle

 

Je vous donne très peu d’eau douce pour voir ce que vous en faites

Au nord elle éclabousse, au sud c’est un casse-tête

J’avais confiance en vous pour sauver vos enfants

Mais vous ne pensez qu’à vous, pour vous le futur c’est maintenant

Alors de deux choses l’une ou bien vous nous sauver

Vous avez bien sûr la lune vous pouvez essayer

Je tournais bien sans vous, je donne une dernière chance

Ou bien cette chanson sera sur moi votre dernière danse

Vos belles paroles, moi j’en ai ras le pôle

Du ciel au sol, moi j’en ai ras le pôle

 

Bonjour mesdames, messieurs, Non, ne partez pas

Où pourriez –vous bien vous mettre ailleurs que sur moi

Voilà 4 milliards d’années que je suis devenu Terre

Et vous à peine 1 petit siècle que vous me faites des misères

 

Vos belles paroles, moi j’en ai ras le pôle

Du ciel au sol, moi j’en ai ras le pôle

 

Vos belles paroles, moi j’en ai ras le pôle

Du ciel au sol, moi j’en ai ras le pôle

 

Vos belles paroles, moi j’en ai ras le pôle

Du ciel au sol.

 

La pétrocolique

Album : "Ras le pôle" (2008)

Je vous prie de m’excuser

Je vous demande pardon

Je ne l’ai pas fait exprès

Ça vient de mes bidons

C’est noir, ça pue c’est vrai

Je fais pourtant attention

Quoi ça dans mon sillage

Bin oui c’est de la pollution

 

J’avance pourtant doucement

En évitant les vagues

Sur les bateaux comme moi

Il n’y a pas d’airbag

Au milieu des tempêtes

J’ai beau faire des zigzags

J’ai un problème c’est vrai

Et ce n’est pas une blague

J’ai la colique

Je laisse derrière moi la colique

C’est du pétrole pour des mois

La pétrocolique

 

Vous êtes j’en suis confus

Obligés de nettoyer

Le sable de vos plages

Et tous les petits rochers

Avec des pelles, des sceaux

Et même des brosses à dents

Mais après chaque marée

Y’en a autant qu’avant

 

C’est une catastrophe pour votre paysage

Il n’aura plus jamais, jamais le même visage

Pardon pour les oiseaux, Pardon pour les poissons

Ce qui fuit de mon ventre c’est le pire des poisons

J’ai la colique, je laisse derrière moi la colique

C’est du pétrole pour des mois

La pétrocolique

 

Je dis que je m’excuse de polluer vos plages

Mais je vous fais remarquer simplement au passage

Que ce pétrole qui fuit comme une longue bavure

Etait destiné à faire marcher vos voitures

J’ai la colique, je laisse derrière moi la colique

C’est du pétrole pour des mois

La pétrocolique

 

J’ai la colique, je laisse derrière moi la colique

C’est du pétrole pour des mois

 

Oh lalala lala j’en ai vraiment mis partout…

 

Un monde nouveau

Album : "Ras le pôle" (2008)

Tous les soirs de l’année je dors dans des cartons

Sous les lumières bleutées de vos télévisions

J’ m’adresse à chacun car c’est l’affaire de tous

Quand l’un de nous est à terre, c’est tout le monde qui tousse

Vous lancez dans l’espace des tas de satellites

Pour sauver la nature, le toit qui nous abrite

Dépensez des millions de votre argent de poches

Il faut passer à l’action, y’a que ça qui nous rapproche

 

Le réchauffement de la planète

Ça me fait froid dans le dos

On doit mettre en commun

Nos forces, nos vies pour aller plus haut

On est seul dans la galaxie, la terre c’est notre vaisseau

Il est temps de se prendre par la main pour un monde nouveau

 

Le bleu que l’on pollue

Le vert que l’on étouffe

Les fumées dans la rue

Et les poubelles dans la bouffe

Ce désert qui avance vers les plus malheureux

Si c’est perdu d’avance, c’est avant tout pour eux

Eteindre les lumières

Arrêter l’eau qui coule

C’est comme un nouvel air qui se répand dans la foule

Chacun à sa mesure,

On peut changer les choses

Pour guérir les blessures

Comme une graine qu’on arrose

 

Le réchauffement de la planète

Ça me fait froid dans le dos

On doit mettre en commun

Nos forces, nos vies pour aller plus haut

On est seul dans la galaxie, la terre c’est notre vaisseau

Il est temps de se prendre par la main pour un monde nouveau

monde nouveau

monde nouveau

un monde nouveau

un monde nouveau

 

L'éléphant et la baleine

Album : "Ras le pôle" (2008)

Si j’ai une bonne mémoire disait l’éléphant

La mer ton territoire était plus bleu avant

A moins que je me trompe poursuit le pachyderme

Y’avait moins de plastiques, de cannettes et de germes

 

J’en ai plein les fanons lui répond la baleine

Et pas que du plancton, j’attrape tout ce qui traine

Mon père avait mangé le radeau de Gepetto

Moi je suis obligé d’éviter les cargos

 

Mesdemoiselles :

On a beau être les plus gros

On doit se faire tout petit

Ah oui

A plus de 500 euros le kilo

On suscite des envies

Oh oui

On a beau être les plus gros

On doit se faire tout petit

A moins de 500 milles numéros

Dur de rester en vie

 

On m’a dit que je pourrais travailler dans la mode

Que je pourrais voyager jusqu’aux antipodes

Quand j’y pense aujourd’hui ça me met la fièvre

On voulait me transformer en tube de rouge à lèvres

 

Moi on voulait m’enlever mes défenses en ivoire

Pour faire des bibelots, des boules de billard

C’est pas normal de vivre dans la peau d’une cible

C’est dur d’être un gibier qu’est même pas comestible

 

On a beau être les plus gros

On doit se faire tout petit

Ah bon

A plus de 500 euros le kilo

On suscite des envies

Oh non

On a beau être les plus gros

On doit se faire tout petit

A moins de 500 milles numéros

Dur de rester en vie

 

La petite planète

Album : spectacle "Ras le pôle" (2009)

Petite planète en terre et bois recherche une planète en plastique

Un peu plus sûre avec un toit, avant que l’homme la décortique

Ici le plastique est le Roi du pôle Nord jusqu’à l’Antarctique

Dans les poubelles jaunes on en voit, ‘faudrait qu’ça d’vienne automatique.

 

Parce que recycler ces plastoques pourrait me rendre moins malade,

J’ai comme l’impression qu’on se moque, de moi, qu’on m’raconte des salades.

 

Petite planète en ciel et eau recherche une planète en métal

Avant que les hommes ces salauds ne perdent entièrement les pédales

Là y ‘a du monde pour faire les beaux dans ces voitures qui les trimballent

Jusqu’à changer la météo, jusqu’à pourrir l’eau du bocal.

 

Pourtant recycler les métaux m’offrirait des années de plus

Rendrait le ciel un peu plus beau et les hommes un peu moins minus.

Petite planète un peu ancienne recherche une copine en verre

Très peu servie, de taille moyenne pour montrer comme on récupère

 

Les vieilles bouteilles du Capitaine qu’elles soient de rhum ou bien de bière

Celles qu’on retrouvait par centaines dans les veilles BD de mon père.

Pourtant recycler ces bouteilles me ferait bien mieux respirer

Après on sauverait les abeilles et puis enfin l’humanité.

Petite planète bleue seule au monde recherche en fait un peu d’amour

Pour faire sa course un peu plus ronde, pour stopper le compte à rebours

Aucune chance qu’on la confonde avec une autre aux alentours

C’est la seule où y a le tiers-monde, la pollution, les beaux-discours.

Pourtant on pourrait me sauver à grands coups de rêves et d’amour

Plus besoin alors de chercher une planète bleue de secours

 

 

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