Georges Chelon

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L'Arbre

Album : "Commencer à vivre" ( 1977)

Il est né, il y a près de cent ans
Loin de Paris dans un champ
Les pieds presque dans la rivière
Quand il eut quelque vingt printemps
De l'avis des paysans
Il serait chêne centenaire
Les oiseaux venaient se poser
Sur ses branches et le dimanche
Les amoureux sous lui venaient y faire l'amour
Les amoureux sous lui venaient y faire l'amour
Il vivait il y a cinquante ans
Loin de Paris dans un champ
A quelques pas de la rivière
Son faîte narguait le vent
Et de l'avis des quelques paysans
C'était un arbre de bonne terre
Des oiseaux venaient se poser
Sur ses branches et le dimanche
Des amoureux sur lui gravaient des mots d'amour
Des amoureux sur lui gravaient des mots d'amour
Il survivait il y a vingt ans
Dans un coin de banlieue, dans un champ
Ses racines cherchaient la rivière
Son faîte ployait au vent
Un vent d'usines, un vent malodorant
Enfin il lui restait la terre
Quelques oiseaux venaient se poser
Sur ses branches et le dimanche
Un enfant déçu barrait ses mots d'amour
Un enfant déçu barrait ses mots d'amour
On le trouve maintenant
Dans un square de banlieue près des champs
On a détourné la rivière
Un oiseau vient se poser
Sur sa branche et le dimanche
Les passants curieux lisent ses mots d'amour
Les passants curieux rient de ces mots d'amour

Raconte nous le temps 

Album : "Ouvrez les portes de la vie" ( 1973)

Raconte-nous le temps
Où l'on vivait sur terre
Redis-nous les printemps
Les forêts, les rivières
Rechante-nous le vent
Décide des nuages
Fais le bruit du torrent
Des vagues sur les plages
Explique-nous les mers
Les océans profonds
L'écume, les marées
La ligne d'horizon
Cette ligne qui fuit
Quand on s'approche d'elle
Fais-nous voir le jour
Parle-nous du soleil

Le soleil c'est le phare de la terre
L'immobile lumière
Le regard de la vie, de la vie
C'est de lui que tout vient
C'est vers lui que l'on va
C'est la femme, la mère
L'amante, c'est l'amie
Et puis c'est un très grand artiste
C'est un aquarelliste
Un faiseur de décors, de décors
Enfin c'était la vie
Avant que tout soit mort

Raconte-nous le temps
Où l'on vivait sur terre
Reparle-nous encore
Du paradis perdu
Récite-nous la pluie
Les éclairs, les tonnerres
Et ces champs qui s'étendent
Jusqu'à perte de vue

Moi je ne comprends pas
Comment il peut se faire
Qu'on puisse voir plus loin
Que ce mur tout là-bas
Tu me dis avoir vu
La courbure de la terre
Et le ciel par-dessus
Qui ne s'arrêtait pas

Toi l'enfant au regard qui s'arrête
Aux pas qui se répètent
Sur les murs des couloirs, des couloirs
Comment t'éparpiller
En milliards de parcelles
Comment te faire plonger
Dans l'abîme du ciel
Enfant aux nuits artificielles
À la vie irréelle
Je ne pourrai jamais, plus jamais
Te montrer que le ciel
C'est l'écrin du soleil

Ne parlons plus du temps
Où l'on vivait sur terre
Ne parlons plus du temps
Où l'on vivait dessus

Ouvrez les portes de la vie

Album : "Ouvrez les portes de la vie" ( 1973)

Arrêtons-nous quelques instants
Sur ces trente années de voyage
Sur cette crête d'océan
Qui balance entre deux rivages
Ce mur qui tombe dans la vie
C'était notre port de départ
Notre arrivée est dans la nuit
Ce havre est baigné de brouillard
Vous, creux de vagues, nos amours
Vous, doigts d'écume, nos colères
On vous a laissé libre cours
Et nous nous sommes laissés faire
Mais à ce point de notre vie
De ce côté de la balance
Le fléau penche dans l'oubli
L'autre est pointé sur l'espérance

Ouvrez les portes de la vie
Nous entrons on nous attend
Nous sommes nus
Et nos cheveux s'étirent dans le vent
Nous n'avons rien compris
De ce que nous avons appris
Nous sommes les tombés-du-nid

Ouvrez les portes de la vie
Nous entrons car il est temps
Nous sommes sans profit
Sans intérêt et sans argent
Nous venons les mains nues
Nous avons laissé nos pavés
Nous n'avons pris
Que ce qui vous manquait

Nous bâtirons des cathédrales
Avec des pierres d'amour
Elles fouilleront les étoiles
Avec leurs doigts de velours
Nous ferons respirer les mers
Nous ferons ressentir les fleurs
Nous allons faire mourir la guerre
Et faire battre tous les cœurs

Et nous gagnerons l'autre rive
Ce havre sorti du brouillard
Au lieu d'une falaise vive
Comme notre port de départ
Ce ne sera que sable d'or
Aux grains mûris par des soleils
Et là nous ancrerons nos corps
Et nous trouverons le sommeil

Ouvrez les portes de la vie
Nous entrons on nous attend
Nous sommes nus
Et nos cheveux s'étirent dans le vent
Nous n'avons rien compris
De ce que nous avons appris
Nous sommes les tombés-du-nid

Ouvrez les portes de la vie
Nous entrons car il est temps
Nous sommes sans profit
Sans intérêt et sans argent
Nous venons les mains nues
Nous avons laissé nos pavés
Nous n'avons pris
Que ce qui vous manquait
Ouvrez....

La cloche du Parking sonne

Album : "La salopette" (2003) série limitée

Les oiseaux, les oiseaux des forêts
Gazouillent dans la ramure
et volent gaiement de taillis en bosquets.
Les oiseaux, les oiseaux des cités
respirent du carbure
ce qui gravement peut nuire à leur santé.
Dans les près y’a les vaches
qui sont follement malades
Prions pour qu’elles guérissent.
Les moutons ont la fièvre.
Les poissons sont en rade.
Et je ne parle pas du maïs.
Prends ta grosse pelle Jacob
La cloche du Parkinson
Aïe j’ai les nerfs
Ça bouchonne, ça bétonne, ça cartonne,
Ça va mal sur la Terre.

Les oiseaux migrateurs étrangers
témoignent de la culture
et des traditions de nos belles contrées.
Les chasseurs, Ah les chasseurs français
amoureux de la nature
content leurs exploits le soir à la veillée.
Dans les près les taureaux se demandent
pourquoi ont les prend pour des folles
Dans l’amour y’a le sida
Dans le poumon y’a le tabac
Dans le sang y’a de l’alcool
Prends ta grosse pelle Jacob
La cloche du Parkinson
Aïe j’ai les nerfs
Ça bouchonne, ça bétonne, ça cartonne,
Ça va mal sur la Terre.
Les printemps ne sont plus ce qu’ils étaient
Sur nos têtes le ciel tombe en ruine
On dirait qu’elle est détraquée la machine ou cassée
Car les vaches dans les près flatulent à qui meuh meuh
Ça réchauffe l’atmosphère
Plus elles mangent, plus elles pètent
Plus elles pètent, plus il pleut
Et plus les près sont verts
Prends ta grosse pelle Jacob
La cloche du Parkinson
Aïe j’ai les nerfs
Ça bouchonne, ça bétonne, ça cartonne,
Ça va mal sur la Terre.

La vague noire

Album : "lettres ouvertes" ( 2002)

Je suis la vague bleue c'est moi qui t'ai porté
Sur mon dos tout un été
J'étais si claire que tu voyais le fond de ma pensée
J'étais belle, je t'aimais
J'étais la vague bleue, c'est moi qui berçais les voiliers
J'étais la vague qui se reposait
Sur une plage d'or le soir quand j'étais fatiguée
De danser

Je suis la vague noire je n'ai plus rien de bleue
Je ne peux plus te voir tu m'as crevé les yeux
Je suis la vague noire je ne respire plus
J'irai mourir un soir sur une plage nue
Je salirai le sable comme tu m'as salie
Je noircirai le sable comme tu m'as noircie
Je suis la vague noire et je me sens perdue
Je suis la vague noire et je ne te vois plus
J'étais la vague vague vaguement verte vaguement bleue
Couleur des algues couleur des cieux
Et les oiseaux, les grands oiseaux venaient sur moi se reposer
Et danser

- pont

Et les oiseaux les grands oiseaux venaient sur moi se reposer
Et danser
Je suis la vague noire je n'ai plus rien de bleue
Je n'ai plus rien à voir avec celui des celui des cieux
Ma dentelle d'écume est un manteau de suie
Et tous les clairs de lune se perdent dans ma nuit

Je me meurs peu à peu
Tu m'as crevé les yeux
Je ne respire plus
Et je t'aime plus
J'étais la vague bleue, c'est moi qui berçais les voiliers
J'étais la vague qui se reposait
Sur une plage d'or le soir quand j'étais fatiguée
De danser
J'étais la vague bleue c'est moi que t'ai porté
J'étais belle, je t'aimais.

 

 

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