Fayard

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Site officiel : http://www.fayard-chansons.com/

La claire Fontaine

Album : "Vengeance tardive" (2004) Première diffusion "Raison d'hêtre" (1987)

A la claire fontaine m’en allant promener (bis)
J’ai trouvé Marie-Claire qui voulait s’y jeter (bis)

Ho là tout doux la belle, tu vas pas nous quitter (bis)
Ton homme est à la ferme, tes enfants si jeunets (bis)

Mon homme est à la ville, en prison enfermé (bis)
Tous les emprunts des banques, il peut plus les payer (bis)

On lui a dit que la ferme, fallait la développer (bis)
Qu’fallait acheter d’la terre, et tout mécaniser (bis)

On lui a dit que dix bêtes, c’était pas bien assez (bis)
Qu’avec quarante hectares, il pourrait mieux tourner (bis)

On lui a dit faut construire ton tracteur le changer (bis)
Le Crédit Agricole, il t’aidera à payer (bis)

Les marchands de farines ont bien voulu aider (bis)
Si on leur signait un contrat d’exclusivité (bis)

Depuis ils nous imposent, qualité, quantité (bis)
Nos vaches, ça les rend folles, ces farines avariées (bis)

On a quarante cinq vaches et six hectares de blé (bis)
Le foin et les betteraves, on fait double journée (bis)

On a quarante cinq vaches, et on paye plus notre lait (bis)
On a cent millions de dettes, et on peut plus payer (bis)

A la claire fontaine, Marie-Claire s’est jetée (bis)
L’avait bien trop de peine, j’ai pas pu l’empêcher (bis)

Son homme est à l’usine, la ferme est rachetée (bis)
Ses enfants pensionnaires, se sentent un peu paumés (bis)

A la claire fontaine, Marie-Claire s’est noyée (bis)
Sur la plus haute branche, un corbeau croassait (bis)
Paroles et musique: André Gruffaz
Arrangements: Fayard
Avril 1982 – Modif 2001

L'arbre

Album : "Raison d'hêtre" (1987)

1-Ecoutez le vent de novembre
Qui chasse mes derniers atours
Je n'ai bientôt plus rien prendre
J'entends l'hiver qui accourt

Ref:
Je suis un arbre
Seul au milieu de la forêt
Parmi les arbres
Si seul et si bien entouré

2-Quand l'hiver me fait carapace
Les oiseaux quittent ma froideur
Mais dans mon tronc est une place
Pour l'alouette près de mon cœur

3-Depuis longtemps j'ai mes racines
Dans cette terre bien agrippées
Pourtant je sens dans mon échine
L'envie qui me prend de bouger

4-Que je sois fayard ou grand chêne
Ne change rien à mon tourment
Mes racines sont comme des chaînes
Je suis planté là pour cent ans

5-Un jour je quitterai la terre
Sous les assauts d'un bûcheron
Vers le paradis ou l'enfer
Les hommes le décideront

6-Le paradis c'est la charpente
Sur un toit je serai dressé
L'enfer c'est le feu qui me hante
Je disparaîtrai en fumée

Ref:Je suis un arbre
A brûler ou à raboter
Je n'suis qu'un arbre
Je suis tout bon ou tout mauvais

Paroles et musique: André Gruffaz

Faux-rêves

Album : "Trafiquants de rêve" (1995)

Quelle folie atteignit les hommes
Bien avant qu'ils aient bâti Rome
Et qui leur a donné l'idée
Pour leur survie de m'agresser
Ne voient-ils pas tous les dommages
Qu'ils me causent avec l'abattage
Ce qu'ils écorchent avec leur scie
C'est la branche qui soutient leur nid
Des feuilles pour couvrir leurs huttes
Aux rameaux pour tailler leurs flûtes
Les primitifs avaient trouvé
Dans mes sous-bois, dans mes fourrés
De quoi assurer leur pitance
Et abriter leur existence
Pourquoi a-t'il fallu qu'un jour
Ils me sacrifient aux labours

Ils ont agrandi mes clairières
Pour y construire des monastères
Parfois pour me faire reculer
Se sont permis de me brûler
M'ont coupée pour chauffer leurs forges
Arrachée pour faire pousser l'orge
Je n'eus bientôt pour habitants
Que les ermites ou les brigands
Pourtant j'étais par la nature
Chargée d'offrir la nourriture
Aux pauvres gueux dont les troupeaux
Paissaient dans les bois communaux
J'étais la forêt de tout le monde
Mes profondeurs étaient fécondes
Comment est arrivée cette heure
Où je devins bois du seigneur

Ref:
Forêt vraie alitée
Malade de l'humanité
Faux rêves, réalité

Cent fois j'ai servi de refuge
Aux loups, aux cerfs, aux proies des juges
Servi de temple aux huguenots
Traqués par les dragons royaux
Plus tard l'ombre de mes feuillages
Permit d'échapper aux carnages
Aux pauvres bougres hésitants
Entre citoyens et chouans
Les plus récentes pages de l'histoire
M'ont vu entretenir l'espoir
Des partisans dans les maquis
Résistant à la barbarie
Qu'y aura-t'il sur la dernière page
Verrai-je les ultimes images
Pour l'écrire il faut du papier
Ils finiront par m'épuiser

Refrain

Paroles et Musique: André LACHENAL

La forêt s'éclaircit

Album : "Entre Cayenne et Guérande" (2006)

La forêt s’éclaircit
J’ai vu tomber un grand chêne
Ses grands rameaux abritaient une fontaine
Combien de racines à son eau se sont nourries
Même sous le lierre qui l’étouffait, il n’a rien dit
La forêt s’éclaircit
Le vent ne trouve plus de branches
Pour pincer des cordes ou faire vibrer des anches
La foudre a frappé sans raison un palissandre
Mais on m’a dit de souffler sur les braises qui dorment sous ses cendres

La forêt s’éclaircit
Déjà de tristes broussailles
Ont envahi les essarts sans livrer bataille
Leurs feuilles ou leur résine n’aspirent qu’à des ambitions brèves
Leurs illusions partiront en fumée dans le fracas des rêves
La forêt s’éclaircit
Et le désert qui avance
Se réjouit devant tant d’inconséquence
L’air se fait rare et la loi du plus fort dans la nature austère
Veut temposer ses valeurs illusoires aux cultures en jachère

Paroles et musique : André Lachenal
Printemps 2004

Vertige éphémère

Album : "Entre Cayenne et Guérande" (2006)

Depuis tant d’années qu’il habitait les forêts
Il avait résisté aux tempêtes, aux vents qui l’effleuraient
Fort de ses certitudes, ancré sur ses racines
C’est à peine si chaque ouragan courbait son échine
Dépouillé par l’hiver, tremblant de tout son être
C’est l’espoir du printemps qui le faisait renaître
Menacé par les hommes, qui s’abritaient sous ses branches
Et comptaient combien son tronc donnerait de planches

Vertige éphémère, idées noires solitaires (bis)

Perdu dans ses pensées il n’a pas vu venir
Une brise d’avril qui le faisait fléchir
Sa caresse était douce et son souffle chaud
En se laissant bercer, il a courbé le dos
A son âge il est vrai, plier est difficile
Au fil des années le bois devient fragile
Malgré tous ses efforts pour se redresser
C’est jusqu’au fond du cœur qu’il se sentait craquer

Vertige éphémère, éblouissement lumière (bis)

Mais le doux zéphyr en foehn s’est transformé
Au feu de son étreinte s’embrasa la forêt
Ses flammes léchaient avidement ses branches
Ou s’enroulaient lascives tout autour de ses hanches
Pris au piège encerclé par ce destin fatal
Hêtre aimé, consumé par l’assaut final
Insouciant du danger, et prêt à se défendre
Espérant comme le phénix renaître de ses cendres

Vertige éphémère, passion incendiaire

Je ne veux pas ta fin lui murmura le vent
Elève-toi encore, fais face aux éléments
Tu ne diras plus « Je sais » à partir d’aujourd
‘hui, mais « Je voudrais savoir » de tout ce qui m’entoure
Après ces mots d’adieu, la brise a disparu
Il pleuvait sur la forêt, le feu contenu
Mais juste sous l’écorce reste une cicatrice
Empreinte d’une folle passion dévastatrice

Vertige éphémère, souvenirs, chimères
Vertige éphémère, souvenirs, prières

Paroles et musique: André Gruffaz
Arrangement : Fayard

Douanier sans frontière

Album : "Trafiquant de rêve" (1995)

Premières soirées d'automne
Ces notes sur une portée
Attendent que l'heure sonne
Pour partir vers un nouvel été
Palombes ou hirondelles
Elles s'apprêtent à quitter
Les pays où pour elles
L'hiver n'a rien prévu à manger

Douanier sans frontières
Laisse migrer les oiseaux
Indifférent mon frère
Toi tu es comme le corbeau
Bientôt ex-sédentaire
Laisse leur une chance de sauver leur peau

Figés au bord des routes
Gravés sur le goudron
Ils avaient cru sans doute
Qu'il suffirait de faire le dos rond
Armés par la nature
D'innocents hérissons
Périssent sous des voitures
Animées de mauvaises intentions

Douanier sans frontières
Laisse passer les hérissons
Irresponsable mon frère
Sauf de leur disparition
Ton instinct meurtrier fais le taire
Le temps qu'ils s'abritent sous les buissons

Pétri de certitudes
Fort de tes convictions
Tu jettes par habitude
Et sans te poser trop de questions
Les biens que tu consommes
Tu en fais les ferments
Des poisons destinés aux hommes
Que seront un jour tes propres enfants

Douanier sans frontières
On prétend que tu as du coeur
On a les mêmes droits mon frère
Même si on n'a pas les mêmes valeurs
Le chemin qu'il nous reste à faire
Conduit-il au musée des erreurs ?

Douanier sans frontières
Il te faut prendre une dérision
Ne te crois pas propriétaire
De l'échiquier dont tu n'es qu'un pion
Indispensable au cimetière
Essaie de te remettre en question
Pour ne pas rester loque à terre
Ne me regarde pas sur ce ton

Paroles et musique:André Lachenal

Sous les Platanes

Album : "Entre Cayenne et Guérande" (2006)

L’hiver les trouve monotones
C’est vrai qu’on s’promène moins souvent
Le dernier strip-tease de l’automne
Leur donne un p’tit air inquiétant
Après l’été c’est comme les filles
Chauffées par les préliminaires
Tellement pressées se déshabillent
Abandonnant leurs feuilles par terre

Les feuilles mouillées sur le bitume
C’est du savon noir sur l’ parquet
De quoi se tailler un costume
En chêne, si tu roules au taquet
Il se peut même qu’ils nous protègent
Du verglas au petit matin
Mais ne peuvent empêcher la neige
De se glisser sur not’ chemin

Ref :

On n’a jamais vu un platane
Au sortir d’une boîte de nuit
Ayant forcé sur la tisane
Se jeter sur un’ Ferrari
On n’a jamais entendu dire
Qu’un platane en sortant de table
Ait fauché un motard tout cuir
Bourré au sirop d’érable.
 

En juillet sous la canicule
Ces cathédrales de bois vivant
Font paraître un peu ridicules
Tous ces énervés du volant
Si seulement on nous laissait faire
Et qu’on ait pas peur pour nos vies
On s’arrêterait pour une prière
Au beau milieu de la voirie

Un ministre des champs, des bois
Voulant protéger le trafic
Qualifia tout au long des voies
Les platan’s de dangers publics
Ils sont nombreux tout ceux qui pensent
Qu’il faudrait être radical
Et même supprimer cette engeance
Au bord des départementales

Ref

Si un jour je finis ma route
Contr’un platane n’allez pas
Oter ce pilier à la voûte
Ou un jour elle s’effondrera
N’accusez pas soyez bons princes
L’arbre qui n’en d’mandait pas tant
Et souvenez-vous de Brassens
Et de ses funérailles d’antan
Paroles et musique: André Gruffaz
Arrangement: Fayard
Le: 28/10/2001

Barrages

Album : "Trafiquants de rêve" (1995)

Ils sont venus un matin
Sacoche de cuir à la main
On a cru qu’ils étaient de passage
Ils ont voulu voir les gens
Ils se sont montrés charmants
Ils connaissaient bien les usages
Comme on les avait trouvés polis
On a écouté tout ce qu’ils ont dit
La fée électricité, les routes bien goudronnées
Pour nous sortir du Moyen Age

Ref: Ils ont noyé mon village
Ils ont noyé mon village
Effacé les témoignages
Dispersé nos héritages
Dans les eaux sombres du barrage
Ils ont noyé mon village
Ils ont noyé mon village
Mis la rivière en cage
Pris les torrents en otage
Ils ont noyé mon village

Le discours s’est achevé
Les regards se sont croisés
Embarrassés par ce beau langage
Certains n’avaient rien compris
Mais les plus avertis
Ont bien senti venir l’orage
Ayant prévu qu’on serait méfiants
Ces beaux messieurs ont parlé d’argent
Alors comment en vouloir
A tous ces gens du terroir
D’avoir succombé au mirage

Les moins naïfs d’entre nous
Ont résisté jusqu’au bout
Lançant des S.O.S. aux grands sages
Mais l’intérêt général
A étouffé le scandale
On a vu grandir le marécage
A quoi bon en parler aujourd’hui
Les derniers espoirs sont engloutis
Au fond de ce lac vert
Comme une bouteille à la mer
Je lance ce dernier message

Paroles et musique: André Lachenal

Chrysalide

Album : "Chrysalide" (2000)

Ref : Vallée de l'Arve, sans espoir de chrysalide
Triste Maurienne, Tarentaise aux brumes livides
Gorges irritées exhalant l'haleine fétide
Des poids lourds de conséquences morbides
Artères d'un corps qui s'ankylose
Montagne, terre promise à la nécrose

Mon vieux John, si tu nous regardes,
Ca doit pas vraiment te faire rire
Qu'ils aient changé nos souvenirs
Alors qu'on n'y prenait pas garde
Toi qu'le ciel est venu cueillir
A la fleur de ton histoire,
Tu dois trouver dérisoire
Ce qu'ils nous promettent comme avenir
Mon vieux John, si tu écoutes
Tu dois l'entendre, cette rumeur
Qui monte du fond des routes
Comme à une échelle des valeurs.
C'est le grondement du doute
Qui s'insinue comme une tumeur
Qui enfume et qui envoûte
Et qui sclérose ce corps qui meurt

Refrain

Mon vieux John, en ton absence,
Il s'en est passé, des choses,
Ils ont augmenté la dose
En espérant l'accoutumance
Tu dois encore te souvenir
De cette brume sur la vallée
Elle refuse de s'en aller
Certains prétendent que ça empire
Mon vieux John, y’a pas d’mystère,
Ces gaz que distillent les moteurs
Empoisonnent l’atmosphère
Quoiqu’en disent les grands décideurs
Trop peu ont eu le courage
De tenir tête aux transporteurs
Et choisir le ferroutage
Au mépris des mises en demeure

Refrain

Mon vieux John, s’il faut conclure
Sans attendre la fin d’l’épreuve
J’ai bien peur que ces manœuvres
Ne soient fatales à la nature
Ils nous disent qu’on manque de preuves
Qu’on peut plus s’passer d’voitures
Et ils noient la conjoncture
De termes dont les médias s’abreuvent
Mon vieux John repose tranquille
J’en connais qui restent éveillés
Qui se montrent indociles
Et qui refusent de s’agenouiller
C’est grâce à leur vigilance
Qu’on peut rêver pour nos enfants
D’un monde moins décadent
A l’abri des vapeurs d’essence.

Refrain
Paroles et musique: André Lachenal

Bord de route

Album : "Entre Cayenne et guérande" (2006)

Quand je marche de ville en ville
Je me dis bien souvent
Qu'il y a dans les automobiles
Des gens biens dégoûtants
Ils jettent au bord des routes
Dans les fossés, les talus
Les résidus de leur casse-croûte
Et toutes sortes de détritus

Refrain Les bouteilles en plastique
Sur les places publiques
Les canettes de bière
Cassées dans les ornières
Les emballages de Mac Do
Balancés dans le ruisseau
Les restes du repas
Repassés dans le bois

Quand ils ont commis leur crime
Au chaud dans leur cocon
Ils deviennent anonymes
A l'abri du qu’en dira-t-on

C'est un drôle de cadeau
Qu'ils laissent à leurs enfants
La nature ayant bon dos
Elimin’ra dans trente ans

Refrain

Quand ils partent en pique-nique
Ils restent sur le goudron
Dans les gaz carboniques
Tout près de leur fourgon

En guise de message
Au bord du macadam
Ils laissent de leur passage
La signature infâme

Refrain
Paroles et musique: André Gruffaz
Novembre 2001
 

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