Daniel Hélin

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Les Limaces

Album  "Les bulles" (2001)

Inutile de faire une grimace
De changer d’air ou bien de place
Je m’agenouille dans la caillasse
Au doux passage de la limace

Dans l’air frais humide, elle filasse
Elle glisse molle sur sa surface
Et laisse partout sa dédicace
Un mucus d’argent pour seule trace

Son cockpit orange monospace
Lent devant le danger se tasse
Brillant de tout remettre en place
Un ruban de carotte et en strass

Sa chair est borne n’est pas viandasse
Pas de prétention de grosse pétasse
Une beauté pure au teint blondasse
Quand la lumière l’entrelace

D’Ivemareste à Caracas
De Varsovie à Salinas
De Dinan nord au Honduras
Entre les mottes et les crevasses
Regardez bien sur vos atlas
Quelque soit la famille hourras
Elle se promène en multi passe
Sans s’enfermer en carapace

Au fond du jardin elle rêvasse
Elle fait les poèmes comme Bocasse
Elle pourrait sortir de la masse
Mais elle s’en fout comme d’une calebasse
Car jamais elle ne se tracasse
Elle se laisse vivre dans la brumasse
Soyeuse et muette comme une tasse
Pour elle ça passe ou bien ça casse

Pas de chipotage en paperasse
Dans son système sans son et classe
Quand la météo n’est pas jouasse
Son sourire luit sous sa tignasse
Entre les arbres c’est le sas
Tous les souvenirs se ressassent
Son corps vibrille en rosace
Comme les anguilles dans les sargasses
L’ivresse est belle sans vinasse
Le plaisir doux sans ces ersatz
Pour flinguer ce qui fout la poisse

Dansons, sa danse sa danse ça c’est vivace
Dansons, dansons
Dansons, dansons avec Hermès et Ducasse
En bal popu, entre homme et passe
En soirée mousse en patogazes
Dansons en transe dans la mélasse,
Dansons, dansons,
let’s dance, put on the red choose and dance
The blues

Les femmes à poils, le grand thorasse
Devant sa grâce, sont-ils las ?
La baleine du prophète Jonas
N’est qu’un sushi brûlant de tapasse
Aventurière de grandes surfaces
Elle passe partout, elle est vorace
Malgré sa tête brune et bonasse
Se cache en elle un dragon casse

C’est une fine bouche qui enlace
Les feuilles des pissenlits en liasse
Comme une princesse de grand palace
Mais sans faire de galimatias
d’un coup de dent à une terrasse
Une brochette de salade bien grasse
Elle nie l’acide de l’époisse
Mais au dessert elle bouffe des glaces
Elle devient rouge dans sa carcasse
Comme le poli de satanas
Elle laisse un souvenir molasse
Le fin cadeau d’une verte chiasse

Même si l’animal embarrasse
Que vous trouvez ça fait des crasses
Ne soyez pas un con qui chasse
En la sprotchant d’un coup de godasses
J e signale à la populasse
Mettre du sel c’est dégueulasse
Je préviens ceux qui les tabassent
Faut pas qu’ils jouent à pile ou face
Pas de pardon comme Barrabas
La crucifixion vous menace
Je répète car je suis tenace
Et le sujet me rend pugnace
Mettre du sel c’est dégueulasse

Car la bestiole est efficace
En sa présence l’ennui trépasse
Par son charisme elle débarrasse
Toutes les horreurs qui nous angoissent
C’est son silence qui jacasse
D’un son plus pur que La Callas
Bien plus profond qu’une contrebasse
Et plus groovy qu’un maracas

Le gastéropode est sagace
Il est gentil et bon comparse
Il est tendre quand il embrasse
Et même meilleur qu’un ananas
Il peut sortir de sa besace
Un florilège de blagues salaces
Qui font rire de façon cocasse
Les japonais sur la grand-place

La fin se sent, Patatras
Tout alentour devient fadasse
Vivement mon lit que j’m’y délasse
Et que mes rêves m’hallucinassent
C’est ici qu’un bel ange passe
Qui plane aux cieux comme un rapace
Il faut danser on est des as

Vive le Tiapass Mort à Dallas
Vive le Tiapass Mort à Dallas
Vive le Tiapass Mort à Dallas
Vive le Tiapass Mort à Dallas
Vive le Tiapass Mort à Dallas

Dansons, dansons,
let’s dance, put on the red shoes and dance
The blues

Je termine cette chanson hélas
Parce que je suis un peu faignasse
Ce sont des vers que je ramasse
Pour les limaces et je m’efface

L'éboueur rêve

Album  "Mécréant" (2005)

L'éboueur rêve de soleils de désert
De milliers d'oiseaux sur des aubes d'or
Des blés traversés de rais de lumière
D'océans tièdes que l'arc en ciel décore

L éboueur rêve de cieux vers l'infini
De plaines immenses de vagues d'azur
De forêts de glaciers et d'îles fleuries
De lieux de silence en pleine nature

La pluie battante et le verglas
C'est le décor de ce jour sale
Où il encaisse tous nos dégâts
D'actions sportives et colossales

Dès l'aube blême dans son camion
Traînant chariots semant des cônes
Il déambule sous les néons
Près des ronds points et des pylônes

Le long des voies et des voiries
Dans les tunnels les autoroutes
Il gratte le verre les cochonneries
Les taches les traces et toutes les croûtes

C'est un soldat sans blindage
Un homme armé de balais brosse
Qui épouille nos beaux paysages
De l'épandage des peaux des os

Renfrogné dans sa veste fluo
Comme une luciole à corps humain
Il porte à bout de bras tout le trop
Les oublis et toutes les fins

Dans ses gants il porte le monde
Emballé dans des sacs tout gris
Il porte des trésors dans l'immonde
Les champignons et le pourri

Les rats sont voisins de sa quête
Les coupures de verre sont légion
Des odeurs à s'couper la tête
Jalonnent chaque jour sa procession

 

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