Bernard Lavilliers

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Site officiel : http://www.bernardlavilliers.com/ 

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Sites conseillés : 

Etat des lieux

Album : "Carnet de bord" (2004)

 

Je vois des grands Tchernobyl en puissance

Je vois des animaux clonés

des millions de tonnes de pétrole en souffrance

sur des super tankers rouillés

tout en régressant on's dit qu'on avance

on accélère on tourne en rond

de super productions font la tendance

mais c'est toujours la même chanson

 

cassés de l'est stressés de l'ouest

rusés du nord usés du sud

vers qu'elle certitude

vers qu'elle latitude

vers quelle lassitude

vers quelle certitude

allez-vous ?

 

je vois l'énorme appétit de matières

cette montagne de déchets

des sous marins coulés mais nucléaires

ça fait toujours un drôle d'effet

tu vas manger le gâteau d'anniversaire

pas ceux qui payent l'addition

s'il reste des miettes pour l'oeuvre humanitaire

ce sera toujours la même chanson

 

cassés de l'est stressés de l'ouest

rusés du nord usés du sud

vers qu'elle certitude

vers qu'elle latitude

vers quelle lassitude

vers quelle certitude

allez-vous ?

 

Je vois des guerres tribales 

des cancers qui rongent des pays déchirés

la propagande aveugle totalitaire

et l'addition qu'on va payer

je vois des océans couleurs d'encre

je vois des poissons irradiés

je vois des canicules hallucinantes

toutes ces villes inondées

que la nature assure les animaux s'en sortent

que le point de rupture ne soit pas lettre morte

après nous le déluge

bombardés de neutrons

univers qui nous jugent

nous donnent le frisson

 

cassés de l'est stressés de l'ouest

rusés du nord usés du sud

vers qu'elle certitude

vers qu'elle latitude

vers quelle lassitude

vers quelle certitude

allez-vous ?

(bis)

Minha Selva

Album : "Champs du possible" (1995)

 

Des pas au couchant se glissent
Dans la poussière du soleil.
Des patios aux dalles lisses,
Des hamacs sans sommeil.
L'eau transparente qu'on rêve
Et qui jamais n'apparaît.
Vient la valse des regrets.

Noir labyrinthe des jungles
Où le chasseur disparaît,
Egorgé près de son flingue
Par le tigre qu'il voulait.
La chaleur et puis la fièvre
Et l'attente du passeur,
Voyageur.

Minha selva, minha selva.

Etre à l'aube des échecs
Seul avec des jivaros,
Sans un mot, avec des chefs
Venus du Mato Grosso.
C'est la selva qui t'enseigne
La solitude des rois,
La solitude.

Dans l'abstraction végétale,
La forêt prend des allures
Formidables de cathédrales
Dressés dans le clair-obscur.
Le temps n'est pas un chantage,
Il ne prouve pas le vécu.

Minha selva, minha selva.

Qui peut vivre ici, des hommes
Qui n'ont jamais connu de loi.
Je parle de la loi des hommes
Dont la nature ne veut pas,
Qui connaissent comme personne
Tout ce que vous ne saurez pas,
La selva

Minha selva, minha selva.

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