Les Cowboys Fringants

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Site officiel : http://cowboysfringants.com/

Plus rien 

Album : 2004 "La grande messe"

Il ne reste que quelques minutes à ma vie
Tout au plus quelques heures
je sens que je faiblis
Mon frère est mort hier au milieu du désert
Je suis maintenant le dernier humain de la terre

On m'a décrit jadis, quand j'étais un enfant
Ce qu'avait l'air le monde il y a très très longtemps
Quand vivaient les parents de mon arrière
grand-père
Et qu'il tombait encore de la neige en hiver

En ces temps on vivait au rythme des saisons
Et la fin des étés apportait la moisson
Une eau pure et limpide coulait dans les ruisseaux
Où venaient s'abreuver chevreuils et orignaux

Mais moi je n'ai vu qu'une planète désolante
Paysages lunaires et chaleur suffocante
Et tous mes amis mourir par la soif ou la faim
Comme tombent les mouches...
Jusqu'a c'qu'il n'y ait plus rien...
Plus rien...
Plus rien...

Il ne reste que quelques minutes à ma vie
Tout au plus quelques heures,
je sens que je faiblis
Mon frère est mort hier au milieu du désert
Je suis maintenant le dernier humain de la terre

Tout ça a commencé il y a plusieurs années
Alors que mes ancêtres étaient obnubilés
Par des bouts de papier que l'on appelait argent
Qui rendaient certains hommes
vraiment riches et puissants

Et ces nouveaux dieux ne reculant devant rien
Étaient prêts à tout pour arriver à leurs fins
Pour s'enrichir encore ils ont rasé la terre
Pollué l'air ambiant et tari les rivières

Mais au bout de cent ans des gens se sont levés
Et les ont avertis qu'il fallait tout stopper
Mais ils n'ont pas compris cette sage prophétie
Ces hommes-là ne parlaient qu'en termes de profits

C'est des années plus tard qu'ils ont vu le non-sens
Dans la panique ont déclaré l'état d'urgence
Quand tous les océans ont englouti les îles
Et que les inondations ont frappé les grandes villes

Et par la suite pendant toute une décennie
Ce fut les ouragans et puis les incendies
Les tremblements de terre et la grande sécheresse
Partout sur les visages on lisait la détresse

Les gens ont dû se battre contre les pandémies
Décimés par millions par d'atroces maladies
Puis les autres sont morts par la soif ou la faim
Comme tombent les mouches...
Jusqu'à c'qu'il n'y ait plus rien...
Plus rien...
Plus rien...

Mon frère est mort hier au milieu du désert
Je suis maintenant le dernier le humain de la terre
Au fond l'intelligence qu'on nous avait donnée
N'aura été qu'un beau cadeau
empoisonné

Car il ne reste que quelques
minutes à la vie
Tout au plus quelques heures,
je sens que je faiblis
Je ne peux plus marcher, j'ai peine à respirer
Adieu l'humanité...
Adieu l'humanité...

8 secondes 

Album 2004 "La grande messe"

Toutes les 8 secondes

Un enfant crève au tiers-monde

Parce qu’y a pas l’accès à l’eau

On dit que dans son pays chaud

C’est le soleil qui assèche les ruisseaux

 

Quand on sait qu’une toute petite fraction

De tous ces budgets militaires à la con

Pourraient abreuver les humains

Leur assurer un lendemain

Mais l’occident s’en lave encore les mains

 

Alors que toutes les 8 secondes

Se génèrent des profits immondes

Chez les grands multinationales

Qui croit que l’droit fondamental

D’accès à l’eau  doit devenir commercial

 

Aujourd’hui la source est cotée en bourse

Et on se calisse ben d’la ressource

On nous dit qu’c’est inépuisable

Pas besoin de gestion viable

Y’a un signe de piastre au bout de l’eau potable

 

Pendant que les rivières coulent à flots

Certains font de l’argent comme de l’eau

Sans se soucier des écosystèmes

C’est ben plate à dire mais ça a l’air que c’est ça le nœud du problème !

 

HEY !!

 

Toutes les 8 secondes

Un nouveau cancer qui nous ronge

Eau qui devient marchandise

Aqueducs qu’on privatise

Et gouvernements complices qui improvisent

 

A Montréal dans les souterrains

Ils pompent l’eau qui nous appartient

Payent des peanuts pour le produit

Et comme ils ont le monopole

Font plus de profits que les compagnies d’pétrole

 

Toues les 8 secondes

Je ressens un peu plus de honte

Face à cette surexploitation

Et à cette triste destruction

D’la nature pour la consommation

 

On nous met devant des faits accomplis

Ils jouent la terre au monopoly

Et quand ils se s’ront appropriés

Les nuages, les oiseaux, les glaciers

P’t’être qu’y en auront assez

 

Pendant que les rivières coulent à flots

Certains font de l’argent comme de l’eau

Sans se soucier des écosystèmes

C’est ben plate à dire mais ça a l’air que c’est ça le nœud du problème !

 

HEY !!

 

Quand il ne restera que 8 secondes

Avant la fin de ce monde

On r’pensera au genre humain

Qu’à cause de l’appât du gain

Aura amené la planète au bord du ravin

Quand il ne restera que 8 secondes !

 

HEY !!

 

Toutes les 8 secondes

Encore plus de colère qui monte

Quand je vois mon grand pays d’eau

Etre mis à sac par des salauds

Qui s’foutent d’la vie assis dans leur tour à bureau

 

Dans ce Québec de forêts et d’or bleu

Ces richesses doivent devenir des enjeux

Bottons les fesses des décideurs et devenons des précurseurs

Citoyens ! L’avenir commence astheure !!!

 

HEY !! 

 

En Berne 

Album : Break Syndical (2002)

Chu né "dins" années soixante-dix
Dans un Québec en plein changement
Où l'emblème de la fleur de lys
Donnait un peu d'espoir aux gens

Mais quand je r'garde ça aujourd'hui
Chu donc pas fier de ma patrie
ça dort au gaz dins bungalows
Le cul assis su'l statut quo

En s'gavant de téléromans
Et des talks-shows les plus stupides
Se laissant mourir su'l divan
Avec leur petit air candide

Dans ce royaume de la poutine
On s'complait dans' médocrité
Bien satisfaits de notre routine
Et du bonheur pré-fabriqué

"Prendrais-tu un p'tit gratteux?"
Me dit l'caissier au dépanneur
"Enweye le gros, sors ton p'tit deux
Être millionnaire c'est le bonheur"

Y's'met à rêver le samedi
Qu'y va p't'être quitter son taudis
Espère toujours maudit moron
T'as une chance sur quatorze millions

Dans l'stationnement du casino
Un gars s'tire une balle dans la tête
Ayant tout "flobé" son magot
Y'avait pu trop l'coeur à la fête

Mais l'gouvernement s'en balance
Y's'nourrit à même les gamblers
En exploitant leur dépendance
Un peu comme le f'rait un pusher

Si c'est ça l'Québec moderne
Ben moi j'mets mon drapeau en berne
Et j'emmerde tous les bouffons qui nous gouvernent!
Si tu rêves d'avoir un pays

Ben moi j'te dis qu't'es mal parti
T'as ben plus de chances de gagner à' loterie...
On a été pendant des années
Un petit peuple de yes-man

Qui marchait les fesses serrées
Quand arrivait le foreman

Aujourd'hui ça' un peu changé
Les gars sont tous syndiqués
ça jase trois-quatre autour d'une pelle
En r'gardant le plus jeune faire du zèle

Mais faudrait pas s'réjouir trop vite
On est encore des porteurs d'eau
A la solde des gens de l'élite
Et des pleins d'marde en tuxedo

Quand l'boss d'une grosse corporation
Ferme son usine en Gaspésie
'Te d'mandera pas ton opinion
Y' va t'slaquer sans t'dire merci!

Un robineux quête dans la rue
Au pied d'un grand building en verre
Y va passer inaperçu
A la sortie des actionnaires

C'qui compte pour eux c'est les revenus
Et non les problèmes de la terre
"C'pas d'ma faute si t'es un trou d'cul
Moi l'important c'est que j'prospère"

Et l'premier-ministre fait semblant
Qui s'en fait pour les pauvres gens
Alors qu'on sait qu'y est au service
Des fortunés et d'leurs business

L'environnement, la pauvreté
ç'pas des sujets prioritaires
On n'entend pas beaucoup parler
Derrière les portes des ministères

Si c'est ça l'Québec moderne
Ben moi j'mets mon drapeau en berne
Et j'emmerde tous les bouffons qui nous gouvernent!
Si t'es content de ce pays

Ben ça mon homme c'est ton avis
Tu dois être le PDG d'une compagnie
Quand on apprend que dans le nord
Y's'passe de quoi d'pas catholique
Que nos forêts sont mises à mort
ça jase dans l'opinion publique

Deux s'maines et ça sombre dans l'oubli
L'histoire est morte et enterrée
Et dans le parc d'la Vérendrye
Ils continuent à tout raser

C'est ça l'problème de ma patrie
Y'a pas personne pour s'indigner
Contre la fausse démocratie
Qui sert les riches et les banquiers

Dans cette contrée peuplée d'ignares
'Faut pas trop s'rappeler d'son histoire
Ici y'a juste les plaques de char
Qu'y ont encore un ti-peu d'mémoire...
Si c'est ça l'Québec moderne
Ben moi j'mets mon drapeau en berne

Et j'emmerde tous les bouffons qui nous gouvernent!
Si c'est ça qu't'appelles une nation
Probable que tu sois assez con
T'es mûr pour te présenter aux élections...

Si c'est ça l'Québec moderne
Ben moi j'mets mon drapeau en berne
Si c'est ça l'Québec moderne
Ben moi j'mets mon drapeau en berne

Le gars de la compagnie 

Album : "Motel Capri" (2000)

Depuis le début du siècle
Des gars courageux ont coupé l'bois du Québec
Partaient à l'automne, passaient l'hiver dans des camps
Revn'aient voir leurs femmes quand arrivait le printemps...
Les Américains flairant la bonne affaire
Sont v'nus faire la piasse dans l'bout de Trois-Rivières
Ça va nous faire d'la job pour les Canadiens-Francais
Bâtissez vos usines pis nous on vous donne la forêt !

Pendant des années y'ont coupé comme des défoncés
La demande est trop grande pour s'qu'la forêt peut donner
Mais c'est pas ben grave
Y'ont des chums au gouvernement
Fa'qu'y sont r'montés au nord
Continuer la coupe à blanc...

Les Amérindiens ceux qui chassent de père en fils
Ont voulu leur parler
Y s'sont fait dire : "rentrez chez vous"
C'est pas avec vous autres qu'on va faire des bénéfices
Pour nous un caribou c'est ben plus beau sur un trente sous

Et le gars d'la compagnie rit dans sa barbe
C'est qui le con qui a dit que l'argent poussait pas dans les arbres

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