Les Malpolis

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Du côté de Tchernobyl

Album : "Et la... Vlan" (1998)

Parait qu'du côté d'Tchernobyl
Y'a des petits monstres qui naissent
Avec un œil dans le nombril
Et une tronche comme une paire de fesses,
Certains en effraient même les filles
Vu l'énorme taille de leur sexe !
Alors, à quoi ça sert d'être aussi bien membré ?
Surtout quand on a les bras trop court pour se branler.

C'est là l'avis d'Igor Cyranovitch,
Pour lui, il n'y a plus rien à faire.
Désolé si ça vous attriste,
Ca n'fait rire que les militaires
Qui pensent que c'est le communisme
Qui rend dangereux le nucléaire !
Mais, qu'est-ce qu'on en a à faire d'être aussi bien armés,
Surtout quand on a les bras trop court pour se branler ?

Si à chaque fois qu'on chie un coup
Notre merde ne disparaissait pas
Par les tuyaux, dans les égouts,
Est-ce qu'on oserait encore faire caca ?
Voici, symboliquement posé
L'problème de l'élimination des déchets !
Et puis, à quoi ça sert d'être si bien éclairé ?
Quand c'est les idées qu'on a trop courtes,
C'est plus facile pour s'en branler !

Engagez-vous, rengagez-vous  

Album : "Les Malpolis élargissent leur cible" (2001)

Oh ! Tous ces peuples qu'on assassine,
Oh! Tous ces pauvres qu'on opprime,
Ces enfants qu'on utilise,
Ces animaux qu'on martyrise...
Il était temps de faire que'qu' chose
C'est pas ça qui manque les bonnes causes !

Manifestons, pétitionnons,
Et créons une association,
Contre toutes formes d'exactions,
D'atteintes à la Déclaration
Des Droits de l'Homme (et de sa femme)
Ensembles agissons dans le calme...
Dignement, mais fermement !

- Mais pas cette semaine, je suis pris !
- Ce soir, je dois voir Jessica !
- Moi, c'week-end, j'suis pas la sam'di
- D'main, j'mène les gosses au cinéma
- C'est p't être possible dimanche, alors ?
- Oui, mais en fin d'après midi d'accord !

Organisons donc un concert
De soutien contre la misère,
La misère d'inspiration
Qu'les chanteurs ont en la matière,
Qui chantent les révolutions,
Si romantiques d'avant guerre...

P't être qu'on pourrait ach'ter des fleurs blanches
Pour les innocents qui meurent en silence ?
Et sur un pont au d'ssus d'la Loire,
Jeter, en symbole, dans l'eau
Nos fleurs porteuses d'espoir
Là, à la barbe des bourreaux !
Dignement, mais fermement !

- Se peindre en noir contre les crimes
Racistes - Et puis contre les mines
Antipersonnel : sauter
A cloche-pied devant l'Elysée...
- Puis offrir d'la vas'line en tube
A toutes les mouches qu'on entube.

Et pourtant...
Quand vient le temps qui désespère
De voir comment les choses vont...
Heureus'ment qu'il y a mieux à faire
Que de voter aux élections,
Des petites choses, des p'tites misères,
Et pas seulement des chansons,

Des petites choses, des p'tites misères,
Et pas seulement des chansons,
Chacun dans son coin à sa manière
Pour faire que la vie soit moins con !

La vengeance de la vache fantôme

Album : "Piédenés" (2003)

C’était en avril mil-neuf-cent-quatre-vingt-seize
Que mourut Marguerite, vache folle française,
Entre les bras d’un valeureux vétérinaire,
Epuisé, au petit matin, de n’avoir rien pu faire.

Dès que sa carcasse partit pour l’équarrissage,
L’âme de l’animal, déjà, vers les nuages,
Prit son vol en quête du paradis bovin…
Meuglant pour son salut des prières en latin..

Mais hélas pour notre fervente ruminante,
Quand aux portes du ciel, enfin, elle se présente,
Oh la la qu’est c’qui s’passe ? y a la queue à l’entrée
On lui dit qu’y a plus d’place, on lui dit qu’ c’est complet,
Qu’on n’avait pas prévu tant de nouveaux venus
Et qu’ c’est à cause d’elle si tout l’troupeau a été abattu !

Ainsi privée de son salut, elle devint un fantôme
Se met à flotter dans les airs, malgré sa demi tonne…
Et sous un gros drap blanc en faisant grincer ses chaînes,
Redescend sur terre, bien décidée à faire payer la race humaine…

Et oui mais…
Quand on a une éponge à la place du cerveau
On fait parfois des trucs un peu idiots.

D’abord, elle pousse du naseau la porte du repère
De gros industriels d’ l’agroalimentaire
Qui préparaient, en douce, pour dans quinze ans à peine,
Des patates psychopathes et du riz schizophrène.

Elle les bourre de coups de sabots, les piétine,
Bref, en quelques mots, elle en fait d’la farine,
Les mastique un peu, puis les avale sans peine
Hé ! comme quoi y’a du bon à ne plus être végétarienne !

Une fois réduit en bouse, elle les sert en repas
A des agriculteurs d’la FNSEA,
Car c’est une vache pas conne bien qu’un peu catho
Avec des idées d’gauche, deux cornes, une cloche et des sabots.

Puis elle retrouvera son beau vétérinaire à Nice,
Celui dont elle est amoureuse depuis toute génisse,
Quant aux industriels et aux agriculteurs
Ils reconnaîtront mais un peu tard leur erreur.

Et oui mais…
Quand on a une éponge à la place du cerveau
On fait parfois des trucs un peu idiots.

Un dimanche à la campagne

Album : "Piédenés" (2003)

Ca ressemblait à un dimanche à la campagne,
Michel avec ses enfants et sa jeune compagne
Avaient été invités à déjeuner chez un beau-frère,
Après l’repas, ils décidèrent de sortir prendre l’air.

Pendant qu’les femmes lavent la vaisselle,
On va chercher le chien dans la voiture,
En se régalant d’avance d’une longue et belle
Promenade parmi les richesses de la nature.

Pendant qu’les femmes finissent d’essuyer les plats,
Les maris cintrent leur bedaine d’une cartouchière,
Enfilent casquettes kakis et treillis caca
Et ajustent leurs lourds fusils en bandoulière.

Puis d’préférence après un dernier pousse-café,
Ils partent vers les bois, en sortie du village,
Déguisés en paras, ils s’en vont dégommer
A bout portant de pauvres lapins d’élevage.

Mais si je dis les chasseurs sont tous des gros cons,
D’abords c’est pas marrant et puis c’est purement gratuit.
Je suis désolé, mais j’nettoyais ma chanson,
Quand par inadvertance, le coup est parti.

Au premier coup d’fusil qu’on entend en forêt,
Sachant que les maris seront absents pour la journée,
Des garçons malhonnêtes vont sonner chez leurs épouses
Pour leur conter fleurette sans peur de s’prendre «un coup de douze».

Ces drôles d’oiseaux seront partis avant le retour
Des chasseurs, mais après un bel après-midi d’amour,
Disons qu’chacun aura tiré son coup à sa façon
Et qu’parmi l’gibier d’la journée, on comptera quelques pigeons.

J’rêve que les femmes des chasseurs soient ainsi polissonnes,
Plutôt qu' de penser qu’elles ont encore de l’amour pour ces hommes
Qui pratiquent ce qu’ils disent être un loisir ou un sport
Dont l’principe est tout de même de donner la mort.

Le pétrole

Album : "La fin du retour de la chanson" (2006)

Quel foutu machin, le pétrole
C’est noir, ça pue et puis ça colle
Tout l’monde en veut, ça coûte des sous
Et en plus ça pousse pas partout.
Quelle foutue machine la bagnole
Y faut la remplir de pétrole
Même si ça pollue les nuages
Faut bien la sortir du garage.

Rouler jusqu’au bout du chemin
Pour pas qu’on l’ai ach’tée pour rien.
Pour pas que les usines Renault
L’ai faite que pour l’salon d’l’auto.
Faire quelques bornes même rien
Qu’ histoire d’aller refaire le plein
Pour pas que la station Total
Se soit installée pour que dalle.

Pour pas qu’le naufrage du bateau
Ai mazouté tout ces oiseaux
Et ruiné les pompes au ministre
Qu’pour occuper les journalistes
Pour qu’le dictateur indocile
Se soit pas pris quelques missiles
Plein d’fer et de démocratie
Sur la gueule que pour faire joli

Quel foutu machin, le pétrole
C’est noir, ça pue et puis ça colle
Tout l’monde en veut, ça coûte des sous
Et en plus ça pousse pas partout.

Mais le plus drôle sans aucun doute
C’est qu’dans cinquante ans, environ
Y’en aura p’t êtr’ plus une seule goutte
Une fois d’plus, on aura l’air con.
Quand y’aura plus d’hydrocarbures,
Pour peu qu’on sorte du nucléaire,
Pour faire avancer nos voitures,
Zut alors comment va ton faire
Pour aller pourrir la nature
Faire fondre la calotte polaire
On aura enfin à, coup sur,
Recours à l’énergie solaire !
Le quat'quatre

Album : "La fin du retour de la chanson" (2006)

Avec son gros 4x4 tout noir,
Deux fois par jour, cet abruti
Se fait son p’tit Paris Dakar,
C’est l’aventure, entre son bureau et chez lui.
A bord, il a le GPS
Des fois qu’y s’perdrait dans l’quartier
Depuis vingt ans qu’il le traverse
Sur qu’il peut s’vanter d’avoir l’air conditionné…
Il gueule au milieu des bouchons
Sur tout ces cons dans leurs autos…
Comme un bélier qu’a l’illusion
De pas faire parti du troupeau.

Le quat-quatre…
C’est carrément mieux qu’une voiture
C’est une cuirasse, une armure
C’a d’l’allure et ça carbure
C’t un bulldozer un char d’assaut
Pour y monter c’est un peu haut
Y faut prendre un escabeau !

A chaque fois qu’il double un connard
Il se dit qu’il devrait s’ach’ter
Un kit « mains-libres » pour pouvoir
Faire des bras d’honneur en toute sécurité.
Quand y a pas d’place pour stationner
Y grimpe n’importe où et se gare
Comme si jamais ça suffisait
Pas avec tout c’qu’il y a comme merde sur les trottoirs ?
On dirait un peu Goldorak,
Quand il traverse le centre ville…
Mais quand il sort de son 4x4,
On dirait plutôt Benny Hill.

Le quat-quatre… 
C’est carrément mieux qu’une voiture
C’est une cuirasse, une armure
C’a d’l’allure et ça carbure
C’est pour les blaireaux d’grand standing
Pour l’populo y’a le tunning
Pour frimer sur les parkings.

Chaque soir en rentrant, ça rat’ pas
Dans la p’tite côte qu’est déjà pas bien large
D’vant lui un vélo roule au pas
Y peut pas l’doubler, l’a la rage !
« En plus de ça c’est une gonzesse, »
S’est il rendu compte… et depuis
C’est les yeux rivés sur ses fesses
Qu’ il la suit au ralenti…
Hypnotisé par la cadence
De son popotin qui balance,
Il rêve qu’elle monte dans son carrosse
Qu’elle voit qu’ cest lui qu’à la plus grosse.
Mais… Qu’elle se retourne et l’dévisage,
Y s’cache la tête dans les épaules
Fait c’ui qui r’gardait l’porte-bagage
C’ui qui détaillait l’anti-vol…

Pauvre schnok malgré son armure
Et ses par’chocs de safari…
Il se sent alors comme une chiure
De mouche sur sa carross’rie.

 

 

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