Lofofora

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Histoire naturelle   

Album : "Le fond et la forme" (2002)

Depuis longtemps déjà on sait nous plier sans trop nous supplier, éprouver notre malléabilité
Parfois tu sembles oublier alors tu questionnes pas
Pourvu que ça fonctionne un peu et que tout le monde marche au pas
Pourquoi s'étonner faire semblant de rien voir ni entendre
Si facile de prendre l'air de rien y comprendre
Mais garde roulée sous l'oreiller la corde pour pendre
Tant qu'il restera une poutre au plafond, on aura qu'à prétendre
Qu'on en a rien à foutre au fond de la galère des autres
Et que le jour où ça saute, ça sera pas de notre faute
Tous coulés dans la merde, on remarquera ce qui nous soude
Comme une bande de toxs qui se battent autour du dernier paquet de poudre
Ca risque de flipper sec les HLM à la jet set
A moins qu'avant, la planète nous mette d'elle-même sur eject
Panique complète, radical changement de décor
Si elle nous réserve le même sort qu'aux dinosaures
Elle aurait tant tort de se gêner vu ce qu'on lui a fait subir
Comment imaginer que sans nous ça puisse être pire ?
Et me voilà accablé par ce constat macabre, pourquoi ce maudit macaque est-il descendu de son arbre ?
Pour se raser les poils, porter une cravate
Inventer le travail, la pensée étroite et les mains moites
Aller faire chier les girafes, bétonner la savane
Depuis les chiens aboient quand passe une caravane

Criez encore si vous pouvez
Alerte, notre monde est périmé
Nos modèles de pensée prochainement supprimés
Avant d'agoniser sur le versant mauvais
Désormais laissez l'animal s'exprimer

Et voilà, le Dieu média a construit l'homme à son image
Tant que la rumeur se propage, les caves se tiennent à la page
Vise le poids des mots admire la profondeur du message
Au jeu du "qui baise qui ?", ils feront figure de sages
La compassion, le partage, ça reste dans les livres mais quel est cet héritage qu'on laisse à ceux qui arrivent ?
"On ne lègue pas la terre à nos enfants c'est eux qui nous la prêtent"
Dit le proverbe indien mais on a choisi la compet'
Nos descendants nous trouveront décadents quand ils devront faire face
Aux déchets dégueulasses qui remonteront à la surface
Vestige d'un peuple qui dissimulait sa crasse
Pauvre civilisation synonyme de menace
Je peux pas m'empêcher d'éprouver comme un sentiment de honte
J'ai le moral qui s'écroule et les boules qui remontent à chaque fois qu'on me raconte
Que l'important, tout ce qui compte, c'est la spéculation doublée d'une course contre la montre
Comme veulent nous faire gober les bouffons ternes qui nous gouvernent
Sur ces propos obscènes j'm'en vais regagner ma caverne
Faire l'amour à ma douce près du feu sur une peau d'ours
Peinards dans la brousse, on vous laisse la haine et la frousse

Weedo 

Album : "Dur comme fer" (1999)

Aussi longtemps qu'il nous restera un semblant de lumière,
L'illusion d'une issue parmi la vue amère,
D'un non-sens parfait qui altère et soumet
Nos sentiments, nos rêves, déformés désormais,
Nous resterons assoiffés d'humanité, affamés de vérité.
Guerriers acharnés en bataille pour le vrai,
Sans gloire, sans médaille, ni devoir, ni fierté.
Allons-nous mériter enfin la liberté ?

Bon, il faut pas qu'on se cache devant la situation grave,
Tu sens pas ? La pression est montée d'un octave.
Déterrons la hache, sortons de nos caves,
Comme un volcan crache sa coulée de lave.

Il y a ceux qui s'étonnent, qui s'affolent et questionnent,
Les autres s'en tamponnent, tellement la beuh est bonne.
Laisser brûler la weed et n'oublier personne.
Dans la fumée des dieux s'effondre Babylone.

Comme c'est pas le style de la maison, nous n'imposerons aucune loi.
Nous savons qu'en toute chose, la nature les possède déjà,
C'est écrit dans l'écorce des arbres, inscrit dans les veines du marbre.
Quoi qu'il en soit, nous faisons partie de ça.
J'suis pas dans le coma quand j'dis ça,
J'ai les cinq sens en éveil,
Comme un plant de ganja les feuilles tournées vers le soleil.
Arrête le sniff, laisse tomber la bouteille,
Allume plutôt un spliff, admire le monde et ses merveilles.

C'est belle et bien la beuher qui sait m'apporter la conscience
Que je dois à la terre toute ma reconnaissance.
Aux dingues ceux qui n'ont pas su la respecter,
Ses racines font tomber vos buildings à nos pieds.

Il y a ceux qui s'étonnent, qui s'affolent et questionnent,
Les autres s'en tamponnent tellement la beuh est bonne.
Laisser brûler la weed et n'oublier personne.
Dans la fumée des dieux s'effondre Babylone.

C'est la raison qui nous pousse, non c'est pas un drapeau.
Préparez-vous à la secousse, non c'est pas que des mots.
On veut toute la boulangerie, pas qu'un bout du gâteau ;
Louis XVI, mai 68, c'était rien qu'une démo.

Il y a ceux qui s'étonnent, qui s'affolent et questionnent,
Les autres s'en tamponnent tellement la beuh est bonne.
Laisser brûler la weed et n'oublier personne.
Dans la fumée des dieux s'effondre Babylone.

Les vibrations résonnent...
S'effondre Babylone...
Et que Jah vous pardonne...
Ouais, car cette fois c'est la bonne...

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