Gilles Servat

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Erika

Album : concert à l'Olympia, (2000)

"Il y a un bateau qui c'est cassé en deux et sur tous ces endroits, c'est répandu une saloperie innommable et on se sent, on se sent souillé parce que c'est sur nos trésors que ça c'est répandu on se sent humilié aussi parce que penser que ça a recommencé et ça peut encore recommencer ce soir, et ...on fait une chanson parce qu'il faut que cela sorte"

 

Un pavillon de complaisance

un armateur digne de confiance

le bénéfice pour étendard

Quelques esclaves pour équipage

une couche de rouille pour le planage

des "vannes de  ?  tonne de coltard"

Erika érika ! je n'irai plus, je n'irai plus

chez ton affréteur par hasard

 

les hommes avaient fait un beau rêve

le siècle du progrès s'achève

c'est plutôt sur un cauchemar

rien a beaucoup changé sur terre

en cette fin de millénaire

la merde humaine mise à part

Erika érika ! je n'irai plus, je n'irai plus

chez ton affréteur par hasard

 

Souillé les rivages de l'enfance

Souillé les amours de vacances

souillé le sable des mémoires

Salit le travail des presqu'îles

Et  la réputation des Îles

Salit la lumière des grands phares

Erika érika ! je n'irai plus, je n'irai plus

chez ton affréteur par hasard

 

Erika érika ! je n'irai plus, je n'irai plus 

chez ton affréteur par hasard

 

Sur leurs cirés les bénévoles

ont écris en noir ces paroles 

ce naufrage n'était pas fatal

ce qu'on ramasse avec nos pelles

naviguait dans une vieille poubelle

pour épargner quelques dollars

ce qu'on ramasse avec nos pelles

naviguait dans une vieille poubelle

pour faire bander le capital

Erika érika ! je n'irai plus, je n'irai plus

chez ton affréteur par hasard

 

Erika érika ! je n'irai plus, je n'irai plus

chez ton affréteur par hasard

 

 

Aux esprits de la nature

Album "Sur les quais de Dublin" (1996)

O vous, esprits de la nature
O mes arbres, protégez-moi
Abeilles aux brûlantes piqûres
Oiseaux qui survolez les toits
Beaux chiens qui aimez sans mesure
O faites que jamais ne cesse
Le doux sentiment que j'ai là
Et qui tout étourdi me laisse
Confondant le do et le la
Bras et poignets tremblant d'ivresse
Que toujours près de toi je sente
Monter en moi le même émoi
Et que comme une aiguille aimante
Mon regard se tourne vers toi
Ce pôle où ma joie s'alimente
Si de cela la fin arrive
Ce sera ma première mort
Je serai l'étang sans ses rives
Un vaisseau sans personne à bord
Juste un corps sans âme qui vive
Vous que si souvent je regarde
Mes étoiles au sein consolant
Prenez en votre sauvegarde
Le pauvre cœur de votre enfant
Avant que le temps le poignarde.

Atome sweet atome

Album : l'or et le cuivre (1979)

Monsieur le président, la renommée volage

qui dit tout ce qu'on veut quand on sait la flatter

va criant sur les toits et jusqu'au rabâchage

que vous savez le mieux dépenser nos deniers

permettez que j'effeuille un peu de vos lauriers

car il est un domaine au moins où la logique

est bafouée sans souci de rentabilité

c'est le domaine de l'énergie atomique

vous nous dotez avec une largesse frénétique 

de petites centrales, merci du fond du coeur 

mais la population manque un peu de pratique

vous nous enverrez donc une armée d'ingénieurs

puis vous paierez encore pour transporter ailleurs

le courant que vous n'emploierez jamais sur place

c'est étrange de voir  un centralisateur

pour l'électricité faire ainsi volte face

alors au lieu d'être tributaire de l'espace

produisez l'énergie où se trouve l'industrie

construisez avec le souci d'être efficace

une centrale énorme en plein coeur de Paris

vu les emplacements qu'ici vous avez pris

il faut de la beauté, la mer ou la rivière

il faut qu'on y soit bien, le jardin des Tuileries 

qui sert aux promenades fera très bien l'affaire

remarquez que la Seine est déjà plus très claire 

elle est déjà polluée, ça vous ôte un souci 

vous n'aurez ni chômage ni perte de salaires

car ce sont des amateurs qui pêchent ici

et le problème du réchauffement aussi 

trouvera une réponse quand soufflera la bise

le fleuve donnera aux parisiens transis

un merveilleux climat d'une douceur exquise

protégez les centrales ce fut votre hantise

dès lors vous n'aurez qu'à centraliser l'armée

et si jamais la guerre depuis longtemps promise 

et toujours reportée éclatait pour de vrai

s'il n'étaient pas ingrats ils vous remercieraient

nos ennemis ravis de n'avoir qu'une cible

d'une fusée bien placée dans un nuage de fumée

 

Arbres

Album : "Mad in sérénité" (1995)

Arbres vous êtes les fleuves du ciel 

vos feuilles sont des vallées

vos brindilles des ruisseaux

les noeuds de vos branches des confluents de rivière

votre ombre majestueuse se jette dans la terre

 

Arbres chaque hiver fait de vous l'espoir

des vies qui nous attendent

chaque printemps vous rend victorieux sur la mort

vous faites palpiter l'espérance des cultures oubliées

vous êtes la référence des peuples dispersés

 

Arbres carrefour des quatre éléments

tendus entre l'air et la terre

l'eau coule de vos blessures

de vos corps le feu fait jaillir sa morsure

 

arbres des générations d'homme

naissent et disparaissent pendant votre vie

vous êtes la sagesse face à la folie

la durée de devant l'éphémère

le stable devant le passager

 

Arbres point de rencontre du sol et du ciel

du souterrain et de l'aérien

de la taupe et de l'oiseau 

du caché et de l'exprimé

de l'interne et de l'externe

du corporel et du spirituel

 

Arbres signal vertical de vie dans l'oasis

nécessité de l'homme compagnon de l'humain

du berceau jusqu'au cercueil

hors de vos ombres et de votre chaleur

s'étendent l'enfer du feu et celui de la glace

 

arbres droit comme le cyprès

courbe comme le pommier

Tenace comme le platane

fort comme le cèdre

doux comme le bouleau

rude comme le houx

noir comme l'ébène

blanc comme le peuplier

 

Arbres aux fruits multiples

créateurs de l'air

source de l'être indépendant et mobile

ils feraient tout sauter sauf vous c'est impossible

 

 

Madame la Colline

Album : "les albums de la Jeunesse" (1977)

Vous êtes jaune et desséchée
Pourquoi madame la Colline
Mes racines ont arraché
Je n'ai plus d'eau dans ma poitrine

Et l'eau s'enfuit, s'enfuit, s'enfuit
Dans les prairies, l'herbe était si belle
L'eau s'enfuit, s'enfuit, s'enfuit
J'entends taper le seau sur le fond du puits

Dans les dessous de mes fossés
L'ombre était douce et accueillante
Les animaux pour se soigner
Y trouvait des herbes et des plantes

Et l'eau s'enfuit, s'enfuit, s'enfuit
Dans les prairies, l'herbe était si belle
L'eau s'enfuit, s'enfuit, s'enfuit
J'entends taper le seau sur le fond du puits

Beau rossignol du bois joli
Si tu nous quittes pour toujours
Qui chantera pendant la nuit
Nos doux messages à nos amours

Et l'eau s'enfuit, s'enfuit, s'enfuit
Dans les prairies, l'herbe était si belle
L'eau s'enfuit, s'enfuit, s'enfuit
J'entends taper le seau sur le fond du puits

C'est notre histoire que nous gravions
Dans les sillons de nos cultures
Chaque champ portait par son nom
Témoignage de notre culture

Et l'eau s'enfuit, s'enfuit, s'enfuit
Dans les prairies, l'herbe était si belle
L'eau s'enfuit, s'enfuit, s'enfuit
J'entends taper le seau sur le fond du puits

Les noms et les mots, on les rase
Les champs reçoivent un numéro
Pour notre histoire et pour nos phrases
Le numéro c'est le zéro

Et l'eau s'enfuit, s'enfuit, s'enfuit
Dans les prairies, l'herbe était si belle
L'eau s'enfuit, s'enfuit, s'enfuit
J'entends taper le seau sur le fond du puits

Mais pourquoi tant d'acharnement
A vouloir que tout on arrache
Est-ce que c'est pour le rendement
Ou pour que personne ne s'y cache

Et l'eau s'enfuit, s'enfuit, s'enfuit
Dans les prairies, l'herbe était si belle
L'eau s'enfuit, s'enfuit, s'enfuit
J'entends taper le seau sur le fond du puits
 

 

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