Tryo

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Site officiel : http://www.tryo.com/ 

L'Hymne de nos campagnes  

Album  "Tryo Mamagubida" (1997)

Si tu es né dans une cité HLM
Je te dédicace ce poème
En espérant qu'au fond de tes yeux ternes
Tu puisses y voir un petit brin d'herbe
Et les "man" faut faire la part des choses
Il est grand temps de faire une pause
De troquer cette vie morose
Contre le parfum d'une rose

{Refrain:}
C'est l'hymne de nos campagnes
De nos rivières, de nos montagnes
De la vie man, du monde animal
Crie-le bien fort, use tes cordes vocales!

Pas de boulot, pas de diplômes
Partout la même odeur de zone
Plus rien n'agite tes neurones
Pas même le shit que tu mets dans tes cônes
Va voir ailleurs, rien ne te retient
Va vite faire quelque chose de tes mains
Ne te retourne pas ici tu n'as rien
Et sois le premier à chanter ce refrain

{au Refrain}

Assieds-toi près d'une rivière
Ecoute le coulis de l'eau sur la terre
Dis-toi qu'au bout, hé ! il y a la mer
Et que ça, ça n'a rien d'éphémère
Tu comprendras alors que tu n'es rien
Comme celui avant toi, comme celui qui vient
Que le liquide qui coule dans tes mains
Te servira à vivre jusqu'à demain matin!

{au Refrain}

Assieds-toi près d'un vieux chêne
Et compare le à la race humaine
L'oxygène et l'ombre qu'il t'amène
Mérite-t-il les coups de hache qui le saigne ?
Lève la tête, regarde ces feuilles
Tu verras peut-être un écureuil
Qui te regarde de tout son orgeuil
Sa maison est là, tu es sur le seuil...

{au Refrain}

Peut-être que je parle pour ne rien dire
Que quand tu m'écoutes tu as envie de rire
Mais si le béton est ton avenir
Dis-toi que c'est la forêt qui fait que tu respires
J'aimerais pour tous les animaux
Que tu captes le message de mes mots
Car un lopin de terre, une tige de roseau
Servira la croissance de tes marmots !

{au Refrain}

Cogema

Album : (live 2003) :
 

C - O - G - E - M - A
Nanananana nonono nananai
C - O - G - E - M - A
Nanananana nonono nananai

Adolf Nucléaire existe, il est français
Ça finit par un A, ça commence par un C
Ces enfoirés là exportent à l'étranger
Des tonnes de déchets plus ou moins irradiés

Et quand à la Hague on fait des vagues
Dans l'Mont Oural, il se passe que dalle
On y observe du monstre humain
D'une génétique du corps humain

Les rivières sont devenues des cimetières
Quant à la mer, elle... elle digère !

La COGEMA aime l'environnement
Elle fait des dons une fois par an
La COGEMA aime l'environnement
Elle fait des doooooooooons
La COGEMA aime l'environnement
Elle fait des dons une fois par an
La COGEMA aime l'environnement
Elle fait des doooooooooons

Adolf Nucléaire existe, il est français
Ça finit par un A, ça commence par un C
Mais dis-moi, COGEMA, est-ce que tu les vois,
Est-ce que tu les vois, les enfants d'là-bas ?

Moi, j'pense que oui,
Que la vie est bien loin de tes profits
Et que tout notre inconscient
Reviendra en un coup d'vent sur la gueule de nos enfants !

Adolf Nucléaire,
Tu nous tiens par les couilles
Mais peut être qu'un four solaire
Ira cuire ma tambouille

En attendant, j'gamberge,
Moi j'veux qu'ma terre se relève
Et toi t'auras ton procès
Quand on sera tous irradiés

Mais dis moi, COGEMA,
Qu'est-ce que tu feras,
Quand pour le présent
Il y aura plus d'temps ?

La COGEMA aime vos enfants
Elle fait des dons une fois par an
La COGEMA aime vos enfaaaaaaants
Elle fait des doooooooons

La COGEMA aime vos enfants
Elle fait des dons une fois par an
La COGEMA aime vos enfaaaaaaants
Elle fait des doooooooons

C - O - G - E - M - A
Nanananana nonono nananai
...

Ballade en forêt

Album : Grain de sable (2003)

Hé, j'crois qu'j'ai besoin d'un peu d'air frais
D'une ballade en forêt, j'sais plus trop c'que j'fais
La vie use
Hé, j'aime pas du tout c'que j'fais, mais bon j'ai une bonne paye
J'suis un homme mûre, j'ai des mômes, une voiture
Hé, tu sais mon choix est fait, j'peux plus revenir en arrière
Tu parles d'une carrière dans une firme planétaire
Hé, j'fais parti des gens qui gagnent leur argent sur notre atmosphère
Hé, j'fais parti des gens qui gagnent leur argent sur l'asthme de leurs enfants
Hé, j'crois qu'j'ai besoin d'un peu d'air frais
D'une ballade en forêt j'sais plus trop c'que j'fais
La vie use
Hé, j'aime pas du tout c'que j'fais, mais bon j'ai une bonne paye
J'suis un homme mûre, j'ai des mômes, une voiture
Hé, après tout j'ai choisi, ainsi va la vie et le monde vieillit
Hé dans 3 ans c'est la retraite, j'sauverai pas la planète
J'vais pas m'prendre la tête, pas m'prendre le tête non
Hé, j'fais parti des gens qui vous laisse un futur avec emmerdement
Et tonnes d'ordures
Moi, j'fais parti des gens qui vous laisse un futur bourré d'armement
Au minimum d'air pur
Hé faut pas compter sur moi, j'ai raté ma jeunesse, j'profiterai d'la vieillesse
Hé faut pas compter sur moi, dans c'bordel ya plus qu'toi, dans c'bordel ya plus qu'toi
Hé toi t'es celui qui rêve, je t'envie, j'en crève que ma vie est triste
Que la vie est triste
Hé, je sais pas combien tu es, j'te laisse mes regrets et mon amertume
Parce que moi, j'fais parti des gens qui ont vécu grassement, qui t'laisse un héritage
Parce que moi, j'fais parti des gens qui ont traverser les temps sans faire de sentiments
Et après, et après, et après, et après

Le saule

Album : Tryo (faut qu'ils s'activent, 2000) 

Déchiré par le vent, usé par le temps
Tu es déjà passé devant, un vieux merle vit dedans
Abîmé par les enfants, délaissé par les parents
Encerclé de bâtiments, arrosé de temps en temps

Il meurt, n'exprime pas sa douleur
Entre le froid et la chaleur l'échap'ment des moteurs
Il crève, puise dans sa sève, pour que ses branches s'élèvent
Avant que le temps ne les achève

Taillé par les couteaux, dépouillé de sa peau
Mi-arbre, mi-copeau de vingt mètres de haut
Nourri de pluies acides, lavé à l'insecticide
Au milieu du grand vide, sa vie on la décide

Il meurt, n'exprime pas sa douleur
Entre le froid et la chaleur l'échap'ment des moteurs
Il crève, puise dans sa sève, pour que ses branches s'élèvent
Avant que le temps ne les achève

Abrité sous les feuilles, voisin d'un écureuil
Le vieux merle se recueille sur sa maison et son deuil
Comment vont vivre ses enfants ?
Qui les abritera du vent ?
Que peut-il faire maintenant pour celui qui en ce moment

Meurt, n'exprime pas sa douleur ?
Entre le froid et la chaleur l'échap'ment des moteurs
Il crève, puise dans sa sève, pour que ses branches s'élèvent
Avant que le temps ne les achève

Babylone  

Album : mamagubida (1997)

Le ciel se voile
Les glaciers transpirent
Babylone
Plein de gasoil dans nos poumons
Quand on respire
Dans Babylone
Bruits d'aéroplane
Qui t'empêchent de dormir
Alors tout le monde se came
Pour pouvoir s'évanouir
Jouir sans entrave
Dans son travail et vieillir
Mourir au volant d'une Safrane
Et de quelques loisirs

{Refrain:}
Je me tire
Babylone
Je me tire
Faut que je respire
Je me tire
Babylone

L'argent coule à flot
Les architectes construisent du beau
Babylone
Trois, quatre clodos
Moyenne par station de métro
C'est trop dans Babylone
La violence anormale
Te pousse à ne plus sortir
Entre les flics leurs armes
Ceux qui frappent pour se divertir
Tire-lui une balle
Ce mec là t'a fait souffrir
Ta vengeance est normale
L'Etat ne peut pas l'accomplir

{au Refrain}

Ferme bien ta voiture
Change régulièrement tes serrures
Babylone
Cherche bien la verdure
Elle se fait rare ça c'est sûr
Dans Babylone
Et si par malheur il fait chaud

Ne sortez pas vos marmots
L'échappement de vos autos
Les condamne aussitôt
Les politicos s'enflamment
Sur la réforme du vélo
Pendant qu'Elf fait sa campagne
Sur le grand prix de Monaco

{au Refrain}

Et même si quelque part je t'aime
Autant que j'ai la haine
C'est qu'entre chacals et hyènes
J'ai trouvé des âmes humaines
Dans Babylone
Malheureusement pour toi
Je les emmène avec moi
Regarde-nous une dernière fois
Car cette fois on s'en va
Tu nous feras pas croire mon gars
Qu'on est des fous sans foi ni loi
C'est juste qu'entre nous et toi
Il y a la nature qui est là
On se tire !

J'ai rien prévu pour demain

Album : mamagubida (1997)

{Refrain:}
J'ai rien prévu pour demain
Mais c'est déjà bien d'y penser
Et je pense que demain matin
J'aurais du mal à me lever

Je n'ferais pas 39 heures
Pour 35 francs de l'heure
Et vos 5000 francs de bonheur
J'en veux même pas pour mon 4 heures
OK, je me lève un peu tard
J'enchaîne direct sur un pétard
Mais c'est que ma vie ne va pas vers les dollars
Que pourrait me rapporter ma guitare
Ma vie n'est qu'une utopie
Un monde tranquille sans trop d'hypocrisie
Où tout le monde a compris
Que donner à quelqu'un c'est se faire un ami

Où sont les politiciens qui savent que j'existe
Ceux qui pourraient dès demain nous mettre sur la bonne piste
J'insiste, dès maintenant je veux voir la liste
De tous les indiens du front de libération utopiste
Qui va se mouiller pour les droits de l'enfant
Que tout le monde ait droit à un appartement
Apparemment personne n'est près à aller de l'avant
C'est vrai que pour pouvoir penser il faut avoir du temps
Le pouvoir, les dollars, l'exploitation, le marché noir
Ça laisse très peu de temps à ceux qui crèvent sur le trottoir
Plus d'espoir pour y croire juste quelques cauchemars
Même plus droit à un rêve juste à une vie illusoire

{au Refrain}

Pourrions nous avoir du temps pour savoir qui on est ?
Pour s'occuper de nos enfants, connaître notre voisin de palier ?
Pour que les fêtes du week-end
Puissent s'étendre à toute la semaine
Pour qu'les connards du FN
S'alimentent plus sur nos problèmes
Pourrions nous avoir du temps pour discuter avec l'ennemi ?
Pour draguer une des caissières qui bosse au monoprix
Pour faire du sport, pour boire un verre, s'occuper d'la qualité de l'air
Pour aller voir tout là haut comment va notre univers ...

Je ne vis plus pour un système
Nan, qui va contre la nature humaine
Qui nous fait croire que nos gènes
Ont optés pour le travail à la chaîne
Un monde où on nous enchaîne
Aux valeurs de la haine
Fait-lui croire, fait-lui croire que tu l'aimes
Pour plus tard à la Toussaint lui porter des chrysanthèmes
Pourrions avoir du temps pour croire en Dieu
Pourrions rester enfant avant de devenir vieux
Pourrions avoir un peu de vent dans nos cheveux
Ça parait pas important mais c'est très bon pour eux.

Pourrions avoir du temps pour admirer la nature
Pour respirer autre chose que des hydrocarbures
Pour ne plus voir l'Amazonie se transformer en tas de sciure
Pour se faire une idée du présent un soupçon du futur
Pourrions avoir du temps pour apprendre à vivre ensemble
Pour ne pas être chacun dans notre coin si la terre tremble
Pour acheter c'qu'on a besoin où pour pouvoir vendre
Ce qui nous serre à rien et rend envieux le voisin

{au Refrain}

Toi et moi

Album : "Ce que l'on sème" (2008)

Ce matin, 3000 licenciés, grève des sapeurs pompiers,
Embouteillage et pollution pour paris agglomération.
Ce matin, l’Abbé Pierre est mort, on l’enterre sur TF1,
2 clochards retrouvés morts près du canal St Martin.
Ce matin, le CAC va de l’avant, 2 soldats de moins pour l’occident,
10 civiles de tués à Bagdad dans les bras sanglants des Giads.

Toi et moi, dans tout ça, on n’apparait pas,
On se contente d’être là, on s’aime et puis voilà on s’aime.

Ce matin, menace de grippe aviaire, trop de fascisme en Baviaire,
L’Iran travaille au nucléaire et Areva squatte le Niger.
Ce matin, rapport sur le climat, il ne survivrait que les rats,
Fonte des glaces en Alaska et grosses chaleurs en Angola.

Toi et moi, dans tout ça, on n’apparait pas,
On se contente d’être là, on s’aime et puis voilà on s’aime.
Toi et moi dans le temps, au milieu de nos enfants,
Plus personne, plus de gens,
Plus de vent, on s’aime
Ce matin

Ce matin, pendaison de Saddam, l’ONU crie au scandale,
Le Tibet se meurt sous les balles, d’une Chine qui fait son capital.

Toi et moi, dans tout ça, on n’apparait pas,
On se contente d’être là, on s’aime et puis voilà on s’aime.
Toi et moi dans le temps, au milieu de nos enfants,
Plus personne, tourte.org plus de gens,
Plus de vent, on s’aime

Ce matin, il fait presque beau, ça tombe bien je me suis levé tôt
Avec le coq et les oiseaux sans journaux et sans météo.
Ce matin, j’attaque un autre jour,
Avec toi mon amour cette journée durera toujours
On n’en fera jamais le tour

Toi et moi, dans tout ça, on n’apparait pas,
On se contente d’être là, on s’aime et puis voilà on s’aime.
Toi et moi dans le temps, au milieu de nos enfants,
Plus personne, plus de gens,
Plus de vent, on s’aime.
L'air du plastique

Album : "Ce que l'on sème" (2008)

J’ai vu des arbres de plastique, dans des déserts inhabités
Mélangés à l’organique, sur le rebord des voies ferrées
Envahissant tout un village, drapeaux aux milles couleurs
La caissière vous noie au passage, prenez-en c’est de bon cœur, de bon cœur

Quand c’est l’air du plastique, qui soudain s’en va en fumée
La mélodie la plus toxique, que l’homme aurait pu inventer
Cendres noires dans le ciel, retrouveront leurs paysages
La musique est partout la même, cet air est juste de passage
Pour flatter votre ego de passage

(Refrain)
Regardez l’ère du plastique, se mélanger à l’harmonie
Elle est sublime cette musique, nos enfants la danseront aussi,
S’envole l’air du plastique, et s’oublie cette mélodie
Elle est superbe, elle est cynique, et tellement plus économique

On le connaît l’air du plastique, c’est la rengaine du quotidien
Celui qu’on mâche, qu’on mastique, celui qui vous scie dans les mains
Des milliards de sacs lâchés comme des ballons dans le vent
Ça vous enterre des paniers, c’est là au moins pour cent ans, cent ans, cent ans

Un siècle d’ère de plastique, ça vous donne envie de chanter
La musique technologique, d’un plasticien de l’humanité
La mélodie un peu gênante d’un baobab défiguré,
Drôles de feuilles sur ses branches, que la folie du vent fait claquer,
claquer

(Refrain)

Quelle fleur satanique, cette terre a vu enfanter
Quand de la terre le plastique, devient malgré elle son engrais
Main de l’homme sur le monde, redessine les paysages
La musique est partout immonde, cet air est juste de passage,
Pour flatter votre ego de passage

 


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