Francis Weill

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Utopie

Album : autoproduction (2004)

Si je parlais d'un monde de fleurs et de forêts
Où sur terre comme sur l'onde on puisse respirer
D'un monde sans voitures, sans béton et sans crasse
D'un monde où la nature aurait sa juste place
J'entends déjà d'ici tous les gens s'écrier

Utopie, utopie, utopie, utopie

Si je voyais la terre unie et pacifiée
Sans crimes et sans misère, sans haine, sans cruauté
Et où la liberté, la paix et la justice
Pourraient bien exister sans armée, sans police
J'entends déjà d'ici tous les gens s'écrier

Utopie, utopie, utopie, utopie

Si je voulais sur terre supprimer les nations
Abolir les frontières, les races, les religions
Si je voyais la vie sans état, sans patrons
Sans chefs et sans partis et sans coalitions
J'entends déjà d'ici tous les gens s'écrier

Utopie, utopie, utopie, utopie

Mais je voudrais savoir qui sont les utopistes
Et qui sont les ringards dans ce monde égoïste
De ceux qui ont l'espoir d'y changer quelque chose
Ou ceux qui n'ont qu'à croire que tout leur sera rose

Utopie, utopie, utopie, utopie

Croire qu'ils continueront l'extension effrénée
Des rubans de goudron par delà les cités
Croire qu'ils pourront toujours épuiser la nature
Sans entrevoir le jour de sa déconfiture

Croire qu'ils pourront encore empocher des dollars
Quand y'aura plus d'or noir ou qu'il sera trop cher
Et croire qu'impunément ils s'engraisseront sans peine
Toujours en profitant de la misère humaine

Croire qu'il y aura toujours des gens assez cinglés
Pour aller faire les guerres qu'ils auront décidées
Croire qu'ils pourront longtemps imposer leurs idées
Et comme seul argument leurs flics et leurs blindés
Croire enfin qu'ils pourront poursuivre à l'unisson
Leurs querelles à la con pour des problèmes bidons

Utopie, utopie, utopie, utopie
Et si cette chanson te paraît utopique
Ma foi, t’as p’t’êt’ raison, mais c’est pas pour du fric
Mais croire qu'un jour enfin on en aura assez
D'écouter ces refrains tant de fois ressassés

C'est pas de l'utopie, mon vieux
Utopie
C'est pas de l'utopie
Utopie
Et si c'est d'l'utopie, mon vieux
Utopie
Et si c'est d'l'utopie
Et bien tant pis!

Dégoût des couleurs

Album : autoproduction (2004)

Quelqu'un m'a dit que le soleil était jaune
Tout rond et gros comme un ballon
Alors, bravant le vent de l'automne
Je suis sorti sur mon balcon.
J'ai vu derrière les cheminées
Sous un ciel lourd et noir de crasse
Des tours jaillir de la fumée
Tout de verre et de plexiglas
J'ai vu tout ça de mon balcon
Mais je n'ai pas vu le soleil

Quelqu'un m'a dit que la mer était bleue
Bleue comme le ciel et les ruisseaux
J'ai voulu voir ça de mes yeux
Et j'y suis parti en auto.
J'ai vu des vagues et beaucoup d'écume
Et des pingouins, des goélands
Ils avaient du pétrole plein les plumes
Agonisant dans le courant
J'ai vu la boue et les ordures
Mais je cherche encore la mer
Et puis on m'a dit que l'herbe était verte
Les fleurs de toutes les couleurs
Et pour aller à leur découverte
J'ai pris mon vieux vélomoteur.
J'ai vu du gravier, du goudron
De l'asphalte pour les voitures
Et de l'acier, et du béton
Et des plastiques à la vie dure
J'ai découvert pas mal de choses
Mais pas un seul petit brin d'herbe
Enfin je me suis rappelé que tes yeux étaient bleus
Et tes cheveux si blonds
J'ai voulu vivre avec toi quelques moments heureux
Alors j'ai cherché ta maison.
Je n'ai trouvé qu'un grand terrain
Tapissé d'un gazon tout vert
Et, au milieu, un grand bassin
Débordant d'eau fraîche et claire.
Car ils avaient construit sur ton jardin
Une centrale nucléaire
Oui,ils avaient construit sur ton jardin
Une centrale nucléaire
Quelqu'un m'a dit que la vie était grise
Et que l'avenir est bien noir
Mais il dit encore des bêtises
Je ne peux plus le croire
Oui mais il dit toujours des bêtises
Je ne veux plus le croire
Non je ne veux plus le croire

Quel temps fait-il ?

Album : autoproduction (2006)

Jadis nos aïeux le matin
Saluaient poliment leurs voisins
Se perdant en propos futiles :
Bonjour, ça va, quel temps fait-il ?
Aujourd'hui les temps ont changé
Le peu qui restent à se saluer
Marmonnent en faisant la moue :
Bonjour, ça va, quel temps faisons-nous ?
Bonjour, ça va
Quel temps fait-il ?
Bonjour, ça va
Quel temps faisons-nous ?
Y'a plus d'saisons, disait Grand-Père
A cause des essais nucléaires
Sauve qui peut, disent nos enfants
A cause de vous mes chers parents
On n'a rien vu, tout est devant
C'est ce qu'assurent les savants
A tous ces moutons de Panurge
Qui crient : après nous le déluge

On massacre la biosphère
Pas seulement la faute à Daimler
Et l'eau déborde du ruisseau
Pas seulement la faute à Dassault
Pas d'accord sur le protocole
De Kioto, alors elle rigole
Et remplit tous les orifices
La faute à Georges Bush, père et fils
R
Les lobbies pétroliers protègent
Leurs monopoles, alors il neige
A Montréal en plein mois d'août
Et en avril à Tombouctou
Quand l'état, quoi de plus normal
Préserve sa manne fiscale
On brûle un peu plus la Provence
Peuchère, et le désert avance

Un chassé croisé vers la mer
Une saison de sports d'hiver
Et c'est le Sahel qu'on assèche
Tout en noyant le Bengladesh
Croisières de luxe aux Caraïbes
Rallye dans le désert Namib
C'est le déluge en Haïti
Et typhon sur Nagazaki
R
Gros quatre-quatre pour ach'ter son pain
Un degré d'trop dans l'eau du bain
Coup de balais sur la Louisiane
Coup de tabac sur La Havanne
Le poumon de la terre s'épuise
Et réduit encore la banquise
Bientôt tous les icebergs auront
Enterré leur vie de glaçon

C'est à cause des fumées d'usine
Qu'on n'pourra plus faire son joggin'
A pieds secs le long d' la Tamise
Ni faire le trottoir à Venise
Nos frigos crèvent à ciel ouvert
Parmi les déchets délétères
Un pet de vache en Haute Saône
Et ça nous troue la couche d'ozone
R
Faudra-t'il vider les piscines
Pour se prémunir des famines
Comme pour le coton, c'est fatal
On a vidé la mer d'Aral
Faudra-t'il pour qu'on réagisse
Voir griller les palmiers de Nice
Passer à gué le Tibre à Rome
Ou patiner en baie de Somme

Anésthésiés par le confort
Ou partisans du moindre effort
Aveuglés par le dieu profit
Et accrochés à nos acquis
On est tous comme ce papillon
Battant des ailes sur ton gazon
Et qui déclenche une tempête
A l'autre bout de la planète
R
Non, ma chanson n'est pas futile
La contredire dépend de nous
 

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